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L’école 42, stimulateur d’innovation par le maillage des compétences

Autres innovations
15/04/2015

En cassant les codes traditionnels de l’enseignement, l’école 42 n’est-elle pas en train de former non seulement des professionnels du code mais aussi (surtout ?) les innovateurs les plus performants de demain ? Créée en 2013, cette école informatique d’un genre nouveau, financée par Xavier Niel, le fondateur d'Iliad-Free, a choisi de se passer… de profs et de cours, privilégiant le travail collaboratif.. Rencontre avec Kwame Yamgnane, directeur adjoint de 42.

Après deux années de fonctionnement, l’école 42 reste-t-elle particulièrement innovante ?

Kwame Yamgnane : Notre approche reste performante et originale car nous développons des problématiques d’artisans et non de scientifiques. Ici, nous « fabriquons » des objets en optant pour l’hyper précision. Ainsi, pour réussir l’élaboration d’un objet connecté, il faut réunir des compétences en électronique, cumulées à des compétences en informatique et en design industriel, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde ! Or, il n’existe aujourd’hui aucune filière complète qui permette de concilier ainsi, dans une même école, autant d’approches différentes. Nous formons chaque année 800 étudiants.

Comment aidez-vous les étudiants à penser différemment pour qu’ils se familiarisent avec la pensée disruptive ?

Kwame Yamgnane : Etre soi-même codeur, c’est manier le monde. Une fois que les étudiants ont acquis la maîtrise du code, ils travaillent avec d’autres informaticiens, puis, avec d’autres experts dans leur domaine, comme ,par exemple, des étudiants de l’Institut Français de la Mode et de l’école de Condé autour du tissu intelligent. Notre rôle consiste à animer le lieu et à créer de l’émulation. Quelle autre école peut se prévaloir d’avoir intégré un philosophe italien et un moine tibétain ?

Quel rôle peut jouer l’école 42 dans l’écosystème de l'innovation en France et à l’international ?

Kwame Yamgnane : l’école 42 a tissé des liens avec des universités américaines comme l’Institut de Technologie du Massachussets (MIT). L’école est déjà très connue au sein du réseau des ingénieurs français à l’étranger, While42. De nombreux étudiants français ont l’ambition de développer de nouveaux business en Europe même. Ceci est rendu possible grâce aux transports low cost. On attire aussi tous les pays Nord-Africains. Notre Startup Studio a été créé pour accompagner la création d’entreprises dans leur phase d’amorçage. Quatre à cinq jeunes pousses sont du reste actuellement en cours de création, en collaboration avec l’école HEC. Une des clefs de l’innovation est la transversalité entre les services, elle va de pair avec la remise en question des chaines hiérarchiques et le besoin de mêler les générations.

Selon vous, quel est l’exemple de création d’entreprise exemplaire ayant mené au succès qui peut inspirer les jeunes créateurs aujourd’hui ?

Kwame Yamgnane : Le cas d’Uber est intéressant. L’application Uber opère une mise en contact entre utilisateurs et conducteurs faisant office de taxi. Cette idée n’aurait pas pu germer dans la tête d’un étudiant qui prend le métro tous les jours. Mais il faut se battre contre l’idée reçue que les entreprises performantes seraient uniquement lancées par des jeunes gens qui deviendront millionnaires un jour ! La startup est aussi le fruit d’une maturité. Elle se déploie en effet en trois temps : d’abord l’idée, puis la mise en œuvre et enfin l’aboutissement. Tout un écosystème est nécessaire dans cette phase d’éclosion. C’est pourquoi il nous a semblé indispensable de mélanger les générations ! L’école 42 est ainsi ouverte aux étudiants de 18 à 30 ans. Aucune autre école ne propose un tel écart de 12 ans. C’est du jamais vu !

Pourquoi cet engouement pour les hackathons, ces événements où les développeurs se réunissent pour faire de la programmation informatique, un 48h chrono ? Un phénomène de mode ou une vraie émulation ?

Kwame Yamgnane : L’école 42 accueille régulièrement des hackathons. Il y a un engouement actuel pour les hackathons, c’est le cas de hack the drone, le hackathon organisé par GDF Suez sur les nouveaux usages des drones, par exemple. Voici un espace de créativité indéniable, mais le plus intéressant, c’est quand l’opération aboutit à un accompagnement sur la durée. Le hackathon est formidable en phase de lancement d’un projet !


> Le site de l'école 42 http://www.42.fr

Source : Alexia Guggémos


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