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ENGIE et la révolution de l'énergie

Energie décentralisée
07/11/2016

Du 15 au 17 novembre, à Barcelone, l'European Utility Week réunit les acteurs du secteur de l'énergie pour réfléchir aux moyens et aux objectifs de la transition énergétique. Thierry Lepercq, DGA d'ENGIE, interviendra au cours d'une table ronde sur le sujet : "Sommes nous prêts pour la révolution énergétique".

Il a bien voulu répondre à nos questions sur cette prochaine révolution de l’énergie.

Que représente pour ENGIE la "révolution de l'énergie ? "

Notons tout d’abord que cette révolution prend le contre pied d’opinions souvent émises. Quand on parle de révolution énergétique on pense souvent moins d’énergie, avec des coûts plus élevés et plus de contraintes. Pour beaucoup, c'est la seule façon de sauver la planète.

Or le développement aujourd'hui de nouvelles technologies nous permet d'affirmer que le futur de l'énergie, c’est l’exact inverse ! Nous allons vers un système où l’énergie est à la fois beaucoup plus abondante, beaucoup moins chère et avec beaucoup moins de contraintes.

Notons ensuite que cette révolution n’a de sens que si elle permet d’améliorer la vie des gens. En Afrique, par exemple, c’est la différence entre ne pas avoir d’accès à l’énergie et en avoir, ne pas pouvoir se transporter et pouvoir se transporter.
Même dans nos pays développés, cette révolution permettra aussi à améliorer le quotidien. Une modélisation de la mobilité à Bruxelles à l’horizon 2030 a permis de montrer que le trajet moyen Bruxelles centre - banlieue passera de 40 mn à 20 mn.

Quels sont les changements qui permettent aujourd'hui cette révolution ?

C'est l'émergence simultanée de plusieurs éléments qui nous donne aujourd’hui les moyens de cette révolution de l’énergie.


  • des technologies d’énergie décentralisée (solaire, éolien, batteries, mini grids)
  • des technologies digitales notamment le big data et les objets connectés
  • des modèles économiques de rupture, de type plateforme, comme ceux qui bouleversent aujourd’hui les domaines, du transport ou de l’hôtellerie

Pour nous, la révolution de l'énergie doit aboutir à ce que j'appelle le Full 3D : Décentralisation / Décarbonation / Digitalisation.

Une révolution de l'énergie qui se décline sur 5 axes.


  • la production décentralisée de l’énergie. Aujourd’hui les sources d’énergie les moins chères, les plus compétitives et les plus abondantes sont de très loin le solaire et l’éolien. Ils sont déjà à moins de 30$ du MWh, c’est à dire nettement moins cher que les énergies conventionnelles et leur coût va encore baisser, grâce à des innovations technologiques comme les panneaux solaires souples développés par Heliatek, une startup partenaire d'ENGIE
  • le stockage de l’énergie sous forme de batteries. L'évolution des coûts et des volumes de stockage est aujourd’hui comparable à celle qui a touché le solaire. Sur les 5 dernières années on assiste à une réduction de 75% du coût des batteries et à une augmentation de 50 % des volumes chaque année.
  • la révolution de la mobilité, en particulier le développement de la mobilité électrique et les progrès que permettent la digitalisation. En 2016 il va s’immatriculer un million de véhicules électriques ou hybrides rechargeables. Et la courbe de croissance ici encore est de 100% par an. Les conditions de ce changement sont réunies : disponibilité des véhicules, déploiement des infrastructures de recharge (on parle aujourd'hui de plus d’1 million de station de recharge en France en 2020), adaptation des législations, comme l'interdiction inéluctable des centres urbains aux véhicules thermiques.
  • les objets connectés pour le bâtiment et la maison. Il y a aujourd’hui prés de 10 milliards d’objets connectés, et leur nombre augmente de 50% par an. Au delà des problèmes de cyber sécurité qui restent à traiter, l'infrastructure de ces objets connectés est d’abord une infrastructure telecom en plein déploiement. A l’horizon 12 ou 24 mois, l’essentiel des territoires des pays développés sera couvert par ces infrastructures et les solutions qui transforment les bâtiments en éléments actifs du système électrique seront disponibles.
  • le cinquième point est fondamental, c’est la possibilité de basculer d’un vecteur à un autre, de transformer le gaz en l’électricité et inversement. Le gaz a certaines vertus, en particulier celle de pouvoir être stocké, et l’électricité est pour l'instant le seul moyen d'alimenter nos nombreux appareils électriques. Cette nouvelle capacité permet de valoriser les excédents de production d’énergie renouvelable, et ouvre un gigantesque potentiel à l'hydrogène, que ce soit dans le domaine du stockage ou dans celui de la mobilité, à l'image du prolongateur d'autonomie pour véhicule électrique développé par SymbioF Cell.


Si on connecte tous ces points, on obtient un système cohérent et équilibré de production décentralisée, de stockage à grande échelle, de mobilité durable, de bâtiments rendus intelligents par les objets connectés et d'utilisation de l'hydrogène. Ce sont autant de révolutions très largement engagées - ou en cours pour l’hydrogène - qui constituent un nouveau système avec des business models à l’échelle du monde, qui vont nécessiter de gros investissements de structure. C’est pour moi le nouveau modèle des utilities de demain. Pour suivre le changement des modèles, les utilities classiques doivent se réinventer. Pour cela, ENGIE dispose aujourd’hui de nombreux atouts !

ENGIE intègre en effet la dimension technologique de cette révolution. Elle opère d'ores et déjà à la fois dans le gaz et l’électricité. Elle associe les différentes composantes, mobilité, bâtiment, production, services qui sont indispensable et ce à l’échelle mondiale.

Ces particularités différencient très nettement ENGIE des autres énergéticiens. Par son approche systémique de l'énergie, sa capacité à contracter sur une longue durée avec les territoires (sur un modèle concessionnel), sa présence véritablement globale, sa maîtrise des infrastructures complexes, sa très puissante activité de services et sa culture partenariale, ENGIE est très bien positionné pour être un moteur de cette révolution de l’énergie.

Source : Christine Leroy