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Energiestro, rendre possible un monde renouvelable grâce au stockage

Stockage d'énergie
21/03/2018

Energiestro développe une technique de stockage des énergies renouvelables grâce à des volants d’inertie 10 fois moins chers que ceux existant habituellement car fabriqués en béton. Energiestro a pour ambition de permettre le développement des énergies renouvelables en proposant un stockage massif à très faible coût.

Du 24 au 26 mai prochain, Energiestro sera présent lors du salon Viva Technology à Paris sur le Lab ENGIE.
André Gennesseaux, son co-fondateur nous parle de son projet, de sa vision de l’avenir de l’énergie et des liens entre sa startup et ENGIE.


Une innovation technologique low tech, robuste et durable

L’innovation d’Energiestro, c’est d’utiliser un matériau peu coûteux,  le béton, pour fabriquer des volants d’inertie qui sont actuellement en acier,  parfois même en carbone. Nous remplaçons ainsi des matériaux très chers par du béton, ce qui permet de diviser le prix quasiment par 10 par rapport à l’acier.

Nous n’avons pas l’ambition de résoudre tous les problèmes de l’énergie, mais d’apporter une solution fiable, robuste et peu coûteuse au stockage d’énergie à l’échelle du réseau ou d’une centrale. 

La technologie que nous développons est très bon marché, par contre elle est beaucoup plus grosse et plus lourde que des batteries. Ainsi, pour une maison particulière, nous pourrions envisager une unité de stockage d’un volume de 2m3 à peu près, qui permettrait de stocker 100% de la consommation d’une maison sur 24 heures.
Bien sûr, le Graal du stockage serait de pouvoir stocker tout l’été pour utiliser l’énergie tout l’hiver, comme le font les plantes. Mais actuellement, plus modestement, le stockage n’est capable que de stocker l’énergie solaire dans la journée pour la restituer la nuit.

Si j’ai bien compris, un des points forts de votre technologie c’est d’être extrêmement robuste et bon marché par rapport aux batteries ? 

Oui tout à fait. La technologie du volant d’inertie a cet avantage d’avoir une durée de vie quasi illimitée. Pour leurs centrales solaires, qui représentent de gros investissements, nos clients ont besoin de solutions de stockage qui fonctionnent longtemps. Nous nous sommes fixé 30 ans, parce que c’est actuellement la durée de vie prouvée des panneaux. 30 ans pour du solaire, ça représente une dizaine de milliers de cycles et c’est quelque chose que les batteries ne savent pas faire. Elles  s’arrêtent à quelques milliers de cycles, et une dizaine d’années au maximum.

Notre technologie intéresse en premier lieu les zones très ensoleillées, la « sun belt », c’est à dire à peu près la zone tropicale où se concentre d’ailleurs l’essentiel de la population mondiale.
A l’exception de rares pays comme les pays du nord, la Russie, le Canada, quasiment tous les pays du monde ont accès à une région très ensoleillée, même l’Europe, en Espagne, en Italie ou en Grèce.
Dans ces régions très ensoleillées les centrales photovoltaïques sont actuellement la technique de production la moins chère et nous avons l’ambition d’apporter un stockage qui fonctionne bien dans ces conditions et à faible coût. Ce stockage actuellement n’existe pas. Déjà en zone tempérée, les batteries ont un problème de durée de vie et celle-ci se réduit encore dans un désert très chaud. 

Nous n’avons pas l’ambition de mettre nos stockages sur des voitures électriques ou des téléphones, mais nous avons une carte à jouer dans le domaine de la mobilité, en rendant la voiture électrique plus crédible . L’un des problèmes des véhicules électriques est lié au temps de charge. Nos volants d’inertie vont permettre de recharger les véhicules plus facilement et plus rapidement.
Installer nos stockages côté réseau pour aider à recharger les voitures électrique le plus vite possible quand le réseau ne suffit pas fait partie des applications sur lesquelles nous sommes souvent sollicités.
 

Pourquoi souhaitez-vous exposer à Vivatech sur le Lab ENGIE ?

Etre à Viva Technology avec ENGIE est pour nous une vitrine extraordinaire. Pour une startup, être associée à un très grand groupe comme ENGIE est une preuve de sérieux.
En général, les grands groupes ne s’associent pas à la première startup venue. Ils ont des équipes techniques qui analysent les projets, les besoins du marché, les technologies. Ainsi pour nos investisseurs être sur un salon aux côtés d’ENGIE représente une reconnaissance de notre travail et de la qualité de notre produit.
Ce genre d’événement nous permet d’accéder à une notoriété qui nous est inaccessible avec nos  moyens de startup.
Nous sommes encore dans une phase de R&D, de ce fait l’attention médiatique générée par un évènement comme Vivatech fait vite boule de neige. Par exemple, après avoir été lauréats du prix EDF Pulse, nous avons été invités à présenter notre projet lors de la COP 21, puis à présenter une conférence TED X qui va atteindre 1 million de vues  et qui nous amène à la fois des futurs clients et des investisseurs.
 



Vous collaborez déjà avec ENGIE ?

Oui, nous sommes actuellement dans une phase « beta » qui correspond à des essais sur le terrain avec des clients.  Les startups de l’énergie, et du stockage en particulier, ont besoin de plus de temps que celles qui travaillent sur l’immatériel. Pour développer un logiciel il suffit d’un ordinateur. Pour fabriquer des moyens de stockage, il faut des usines, c’est un processus long. Il faut d’abord que ça fonctionne techniquement, il faut convaincre les financiers, construire l’usine, en général quelques années sont nécessaires. 

Avec ENGIE, nous montons des projets d’innovation : installer notre technologie sur des parcs solaires de manière à démontrer qu’elle fonctionne bien et qu’elle est prête à être utilisée sur des parcs de production. Nous sommes obligés de passer par cette phase « beta » pour convaincre les investisseurs que notre technologie a bien été validée sur le terrain avec des professionnels. Il s’agit que notre travail soit confirmé par les clients. Dans notre cas, nous pensons atteindre la phase de commercialisation aux alentours de 2020.
 

Et enfin, pour vous, l’avenir sera … ?


L’avenir sera… multiple !

Il ne reposera sans doute pas sur une seule technologie mais sur un mix énergétique qui combinera plusieurs méthodes de production, dont une majorité d’énergies renouvelables, et ce grâce une grosse quantité de stockage.
Les énergies renouvelables réclament d’énormes quantités de stockage. Elles sont très bonnes pour la planète mais très dures à utiliser puisqu’on ne les maîtrise pas. Sans moyen de stockage massif et bon marché les énergies renouvelables resteront marginales. 

Notre mission c’est de rendre possible un monde renouvelable.