Recherchez dans les actualités

EVTronic recharge les véhicules électriques toujours plus vite

Autres innovations
03/05/2018

EVTronic développe des bornes de recharge rapide pour véhicules électriques et sera présent à Viva Technology du 24 au 26 mai prochains sur le Lab ENGIE.

Vincent Beudin, Vice-Président d’EVTronic nous présente la société et nous parle de l’avenir des voitures électriques.


EVTronic est un acteur de la mobilité électrique et plus spécifiquement un fabricant d’infrastructures de recharge de forte et très forte puissance ainsi que de solutions complémentaires d’optimisation de raccordement au réseau et de stockage.

Nous nous adressons essentiellement aux CPO (charge point operators) qui gèrent des infrastructures et qui s’adressent à l’usager de voiture électrique. C’est ainsi que nous travaillons avec EV Box en complément de gamme et avec vos équipes ENGIE, notamment Ineo ou Cofely en France ou à l’étranger sur des problématiques d’installation ou de maintenance de nos infrastructures.


Comment expliqueriez-vous votre activité  à quelqu’un qui n’y connait rien ?

Il existe aujourd’hui plusieurs segments dans le marché du rechargement des véhicules électriques.

Le premier segment est la charge lente (à domicile) qui nécessite une charge durant toute une nuit pour obtenir  150 km d’autonomie.  Le deuxième segment est la charge accélérée qui permet à un véhicule d’obtenir cette autonomie  en 4 heures de charge. Nous sommes quant à nous sur de la charge rapide, voire ultra rapide, qui permet de recharger jusqu’à 300 km d’autonomie en 10 mn. C’est-à-dire que nous sommes déjà bien au-delà des Tesla, puisque dans les stations que nous déployons pour le projet européen Ultra-e la puissance de charge est à peu près 3 fois supérieure à celle des Tesla.

Les chargeurs ultra rapides existent donc déjà. Mais existe-t-il des voitures adaptées ? La réponse aujourd’hui est non. Les voitures qui pourront bénéficier de cette technologie vont arriver en fin d’année avec les premières Audi et BMW intégrant de la charge ultra rapide.

Notre première station ultra-rapide est basée en Allemagne, près de Francfort. Elle est utilisée par certains usagers qui peuvent se charger à des puissances de l’ordre des Tesla, mais nous avons surtout les équipes de Porsche qui viennent tester leur Mission E, des véhicules encore en phase d’essai.

La taille des batteries dans les voitures augmente de façon très significative. Il y a 2-3 ans, les batteries étaient de 20kwh, et la charge rapide était de 50 kw ce qui permettait de charger la voiture en 20 mn. Les prochaines générations de batteries seront jusqu’à 5 fois plus puissantes près de 100kWh  et il faut pouvoir les charger plus rapidement pour atteindre des standards proches de ceux de l’automobile thermique, à savoir 500 km d’autonomie qui doivent pouvoir être rechargés en 15 mn. Comme les infrastructures doivent être en place avant les voitures, nous commençons à déployer des infrastructures de charge ultra rapides depuis fin 2017, sur un rythme qui va s’accélérer jusqu’à l’automne pour être prêts quand les voitures sortiront.


Que pouvez-vous prévoir de l’avenir pour les véhicules électriques ?

C’est un monde qui évolue très vite et qui va se segmenter de plus en plus, par usages, typologies de véhicules, et de ce fait typologies d’infrastructures. Le marché du véhicule électrique sera certainement plus segmenté que celui de la voiture thermique, où la différenciation se faisait essentiellement sur le niveau de confort ou la taille du véhicule.

Historiquement en raison de leur faible autonomie, seuls deux segments ont été utilisés par la voiture électrique : l’urbain pour lequel des infrastructures ont été déployées au cours des dernières années sans forcément être suffisantes dans les métropoles.

Le deuxième segment, peut-être le plus réaliste, correspond à des personnes qui font 60 à 80 km par jour pour aller travailler. Elles peuvent ainsi charger leur véhicule à domicile et bénéficient de l’attractivité financière énorme d’un plein à 2 € ! Dans ce cadre, la voiture électrique s’est avérée très rapidement intéressante.

L’étape suivante a vu arriver Tesla avec des voitures bénéficiant de 400-500 km d’autonomie qui ont permis le décollement de la voiture électrique, phénomène qui s’est accru avec le « diesel gate » et la prise de conscience de la pollution urbaine.

Ces 3 facteurs quasi concomitants ont bouleversé toutes les prévisions sur l’évolution du marché.

Tout s’est accéléré. A la fin de l’année vont sortir les premiers véhicules électriques avec un niveau de prix cohérent par rapport à la voiture thermique, des performances intrinsèques et une qualité de conduite  nettement supérieures à celle d’une voiture thermique, et une autonomie qui va correspondre à 90% des usages, c’est-à-dire 300-400 km.

 

Pour pouvoir charger aussi rapidement un véhicule, il faut que vous ayez à disposition beaucoup d’énergie très rapidement ? D’où le recours au stockage ?

Oui, dès aujourd’hui sur des charges rapides à 50 kw, sur certaines installations, nous complétons l’énergie prélevée sur le réseau par de l’énergie stockée dans nos équipements.

 A partir du moment où beaucoup d’infrastructures seront déployées et devront alimenter jusqu’à 6 satellites délivrant chacun 350 kw, (soit 2 mégawatts), il est évident que le réseau ne sera pas capable partout et tout le temps de délivrer ce type de puissance. C’est pourquoi nous développons des solutions de stockage de manière à pouvoir faciliter l’intégration de nos équipements dans le réseau.

 

A Vivatech, vous allez montrer comment ça fonctionne ? Apporter une station de charge ?

Nous viendrons avec un satellite, ou un user unit, la partie visible en contact avec la voiture et l’usager. C’est une bonne base pour être didactique et expliquer aux visiteurs de quoi il s’agit

 

Qu’attendez-vous de votre participation à Viva Technology sur le Lab ENGIE ?

Nous souhaitons profiter de cette manifestation pour rencontrer un certain nombre d’acteurs qui sont potentiellement soit des prescripteurs soit des clients.

Nous voulons aussi profiter de la journée « grand public » du samedi pour prendre le pouls de l’usager de base, comprendre quel est son niveau de connaissance, de compréhension et son appétence pour la voiture électrique - et faire un peu de pédagogie.

Nous ne vendons pas de voitures, mais si beaucoup de gens achètent des voitures électriques, il faudra mettre en place beaucoup d’infrastructures, ce qui est bon pour nous.

 

Parlez moi de votre histoire avec ENGIE

Avec ENGIE, nous sommes complémentaires. Nous sommes fabricants d’infrastructures, positionnés sur le marché européen, mais nous visons aussi le marché américain. Les infrastructures que nous fabriquons sont technologiques et nécessitent d’être bien installées et bien maintenues.

ENGIE et ses filiales comme Ineo ou Cofely sont pour nous des « certified partners » sur les installations que nous avons vendues. C’est déjà le cas en France avec Ineo, et nous commençons à le développer au Maroc à Dubaï ou en Amérique Latine.


Un slogan ?

Powering Electric Mobility

 

Et enfin, pour vous l’avenir sera … ?

L’avenir sera électriquement vert.

Développer le marché du véhicule électrique sans penser à la manière dont l’énergie qui va l’alimenter est produite manque de cohérence. L’exemple de l’Allemagne où la majorité de l’électricité est produite à base de charbon nous laisse dubitatif.  C’est pourquoi nous partageons pleinement la stratégie d’ENGIE visant à se positionner significativement sur la mobilité électrique et les énergies renouvelables.


En savoir plus sur EVTronic

Source : Christine Leroy