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Les tendances de l'innovation au CES 2019

Autres innovations
05/02/2019

C’est devenu une tradition : quelques jours après sa 4ème participation au CES, l’équipe Innovation d’ENGIE a organisé pour l’ensemble des collaborateurs du groupe une conférence pour décrypter les tendances et les signaux faibles détectés lors de ce gigantesque événement mondial dédié à l’innovation

Autour de la table, Hendrik Van Asbroeck, Directeur de l’Innovation, Stéphane Quéré , COO Global Smart Business ENGIE Digital, Etienne Gehain, Digital Innovation Officer, Erwin George, Responsable du Lab Drones et Robots Engie Lab CRIGEN, Vincent Vandenberge, Responsable du projet Livin’ by ENGIE et Alexandre Liagre, Directeur Commercial de la startup Aeromapper qui participait cette année au CES sur le stand ENGIE & Partners. Les débats ont été animés par Lucile Hofman, Directeur en charge de la Connectivité.


LH – Première impression, il n’y avait pas beaucoup d’effet Waow au CES cette année. Depuis plusieurs années nous avions eu l’habitude de découvrir des choses en rupture avec ce que nous connaissions. Cette année ce n’était pas le cas, par contre nous avons observé des déplacements d’acteurs. 

HVA : Une première constatation, c’est que les thématiques qui structuraient le stand ENGIE et représentent la vision de la transition énergétique du Groupe sont bien des tendances mondiales, ce qui nous conforte sur le fait que ce sont les « bons » sujets. Le CES est pour moi le seul salon où le monde entier est représenté. Nous avons ainsi pu percevoir que les grandes tendances sur lesquelles le Groupe est en train de se recentrer sont partagées par les grands acteurs. Nous étions au CES pour montrer au monde comment le Groupe évolue et dessiner les contours de l’énergie de demain : stockage, micro-grids, blockchain, accès à l’énergie, connectivité…

EG -  Effectivement, ce n’était pas un CES de grandes ruptures technologiques, mais plutôt un CES d’intégration. On a vu moins de concepts et plus de produits. Le vecteur d’intégration cette année était constitué par les assistants vocaux, Alexa, l’assistant Google et les autres, qui sont en train de se battre pour la maîtrise du monde. 

Le duopole Google / Amazon est bien établi, Apple n’était presque pas présent sur le sujet, ayant passé des accords avec Amazon pour ouvrir ses services au travers d’Alexa. Samsung et LG semblent y croire encore au travers de tout l’écosystème de leurs objets, dans la maison, mais aussi dans la mobilité et pour la voiture. Les chinois arrivent avec leurs propres assistants vocaux, par exemple Tmall Genie, la version anglaise de Tianmao JinglingX1, l’assistant vocal d’Alibaba.

Ces assistants vocaux vont créer un écosystème autour des fournisseurs de technologies dans tous les domaines.  Il y a 2-3 ans on disait la même chose pour le téléphone portable, ou plus précisément pour les écrans tactiles et connectés. Cette année était l’année des assistants vocaux.

LH - Connectivité, Intelligence Artificielle : deux grands trends de cette édition également, comme en témoigne cette phrase glanée sur le salon « Make the visible invisible and the invisible visible ». Devenir visibles, comme ces acteurs du monde des composants que l’on voit maintenant apparaître sur le salon comme Qualcomm, Intel. Le slogan d’Intel au CES était « Intel outside » ! C’est un changement de positionnement intéressant.

EG –  Première tendance, l’IA. Plus rien n’est « pas intelligent » au CES. Avant on parlait de smart, maintenant on parle d’intelligent. Tous les produits sont intelligents, à des degrés divers, puisque le mot intelligent recouvre des réalités différentes.  Il y a les interfaces vocales, tout ce qui, de près ou de loin, apprend quelque chose. On peut presque dire que « intelligent » signifie simplement capitaliser un certain nombre de données pour les exploiter (peut-être) plus tard. Etre « juste » smart, aujourd’hui ça fait un peu daté, old fashionned, ça ne suffit plus.

C’est un mouvement irréversible, on ne fera plus jamais rien qui ne soit pas intelligent. Mais il y a encore du chemin à faire. Pour reprendre le sujet des assistants vocaux, si on demande 3 choses différentes à Alexa on doit dire 3 fois « Alexa fais ceci… ». Dans les objets ou les offres des fournisseurs on est encore très loin de la conversation, même si c’est ce qu’essaye de proposer l’assistant Google. 

Deuxième tendance : le bien-être de l’utilisateur, l’orientation user-centric est au centre des préoccupations. L’an dernier, le leit motiv de la smart home était la sécurité, cette année, c’était le bien-être du résident, avec des quartiers entiers sur la sleep-tech ou le wellness, y compris dans les voitures. Et je prévois que l’an prochain on utilisera l’intelligence artificielle pour s’occuper du bien-être psychique, « vendre du bonheur ».

3ème tendance : la mobilité est électrique, autonome, partagée et connectée (5G), avec le concept du « vehicle to X », c’est-à-dire un véhicule qui communique avec la ville pour bénéficier de tous ses services et rendre fluide les déplacements. 

Dans les voitures, la technologie disparaît au profit de ce que l’on peut faire dans les voitures autonomes : regarder des films, relever son courrier, faire ses courses…

Si l’an dernier les concepts de mobilité autonome étaient présentés par les constructeurs automobiles (ex Toyota), cette année, ces mêmes concepts sont présentés par des équipementiers (ex Bosch, NVidia). Le déplacement des acteurs évoqué par Lucile en introduction était très visible dans la mobilité. 

4ème grande tendance qui en est à ses débuts, l’edge computing : des objets où le traitement de la donnée se fait directement dans l’objet et plus dans le cloud. Ce n’est pas une question de connectivité, mais de réactivité et de maturité dans la décision de ce qui doit être fait au niveau local, pour être très rapide, et de ce qui est fait de façon centralisée dans le cloud. Un exemple : une startup suisse, InCorpus, qui propose un service de diagnostic médical avec quelques capteurs. Leur solution fait presque aussi bien que Watson d’IBM en terme de diagnostic, sans la puissance de calcul mise en jeu par Watson. En quelques années, une fonctionnalité qui nécessitait une puissance de calcul énorme a migré vers les objets.

Dernière tendance : cette année, il y avait une quarantaine de startups sur la blockchain, dont 1/3 sur la gestion des clés et des identités. C’est balbutiant, mais l’an prochain, je suis persuadé que ce sera un thème majeur. 

HVA / LH -  Ce qui m’a frappé c’est que même des entreprises technologiques ne montraient pas leur technologie, mais la façon dont ils veulent interagir avec le client final. Les sujets de la maison connectée, de la ville de demain, de la silver economy étaient partout. Il y a une convergence sur le sujet de l’individu dans la ville, comment il vit, comment il se déplace dans la ville. Et effectivement tout le monde se positionne sur ces sujets. 

SQ / LH -  Cette année, le CES c’était le salon de l’automobile, et même, vu l’omniprésence du véhicule autonome, on peut parler de salon de la mobilité

Le CES est aussi un bon exemple de l’évolution de l’approche client. Au-delà de la technologie, il était passionnant de voir comment des entreprises très technologiques arrivaient à montrer à quoi servent leurs produits. Intel ne montrait pas ses puces, mais à quoi elles servent. 

On sent également que l’expérience utilisateur a été un vrai sujet de réflexion. Il ne suffit plus d’avoir un produit qui marche. Dans tous les pays, même ceux dont ce n’était pas le point fort jusque-là, tout ce qui était présenté était très ergonomique, très bien fini. Le niveau est très élevé, il faut être user-centric, mettre du design dès la conceptionC’est notamment le cas pour les voitures avec Byton, un concurrent de Tesla, dont le niveau de finition est impressionnant. 


En conclusion, 5 mots pour décrire le CES cette année ? 

Fascinant -  Centré sur l’humain – Vitesse – Challenge - Marathon 



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