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Autres innovations 09/12/2019

PayGas, une solution de clean cooking inclusive et éco-responsable

ENGIE Africa était partenaire du sommet Africarena qui a eu lieu à Cape Town en Afrique du Sud les 11 et 12 novembre derniers A cette occasion, ENGIE avait lancé un challenge sur des modes de cuisson éco-responsables, challenge remporté par PayGas.C’est à deux voix que Philippe Hoeblich, co-fondateur de PayGas  et Carole Henry, Head of Innovation & Digital chez ENGIE Africa nous parlent de cette solution si simple, mais si révolutionnaire.

Philippe, pourquoi vous être attaqué au sujet du clean-cooking ? 

J’ai grandi en Afrique de l’Ouest, au Mali, à Bamako et autour de moi, mes amis et leurs familles faisaient la cuisine avec du charbon de bois, ce qui, en dehors de toute considération écologique, semblait long et inefficace à l’enfant que j’étais. Plus tard, l’inclusion énergétique a été le sujet de mon mémoire de MBA à l’INSEAD, au cours duquel j’ai conçu et breveté la solution Pay-as-you-Gas ™.

L’aventure PayGas a débuté en Afrique du Sud il y a 18 mois. Nous avons bénéficié de l’appui d’un partenaire gazier qui nous a proposé de tester notre solution. Nous avons créé un brevet qui permet de fractionner du gaz avec un paiement digital, nous avons fait fonctionner un pilote depuis 6 mois, avec plus de 2 000 transactions clients pour plus de 10 tonnes de gaz vendu, un vrai succès.

J’ai contacté Yoven Moorooven, CEO d’ENGIE Africa, sur LinkedIn au printemps, et très rapidement ENGIE a manifesté un vrai intérêt pour notre solution. Ils sont venus découvrir la solution dans le township de Delft à Cape Town et il a paru évident de participer au concours Clean cooking d’Africarena. Pour nous, le fait d’avoir gagné est une belle reconnaissance et validation de notre solution Pay-as-you-Gas ™par un des leaders de l’énergie. 


Votre solution permet de recharger partiellement une bouteille de gaz, c’est bien ça ? 

Oui, c’est une solution technique associée à une app, qui permet de ne remplir que la quantité de gaz que l’on souhaite payer. Cette solution Pay-as-you-Gas ™ est composée : 

  • d’un software : une app UssD liée à notre plateforme de paiement
  • d’une partie hardware, une plateforme de remplissage 

Nous déployons dans les townships sud-africains une solution « cashless », où les gens payent avec leur téléphone GSM,  2G ou 3G la quantité de gaz qu’ils veulent ou peuvent acheter. On pourrait la comparer à une station essence entièrement automatisée et sécurisée, mais pour du gaz .  

Le marché que nous visons est constitué de tous les clients dans les townships urbains qui ne peuvent pas payer en une seule fois une bouteille pleine de 5 kg et de ce fait sont obligés d’acheter du charbon de bois, ou de la paraffine en petites quantités, ou de l’électricité quand ils peuvent se le permettre, car l’électricité est extrêmement chère.


Au-delà des brevets techniques, cette solution a également un fort impact social

Oui, l’impact est énorme et représente un changement majeur en très peu de temps. En 5 mois ce sont plus de 40% de nos clients qui ont consommé moins d’une bouteille pleine. Ce qui revient à dire que nous avons donné accès au gaz à ces 40% de clients qui ne pouvaient pas se l’acheter auparavant

Paraffine ou charbon de bois sont des moyens de cuisson très polluants, dangereux pour la santé et cette pollution touche majoritairement les femmes et les enfants. Notre solution permet d’économiser jusqu’à 20 € / mois par rapport à l’électricité, c’est à dire entre 3 et 7 jours de salaire. Notre but est que les clients reviennent, ce qui est le cas puisque 73% de nos clients sont venus plus de 2 fois. 


Un modèle économique adapté aux revenus très faibles

Des solutions « concurrentes » comme Kopagas (Tanzanie) ou Paygo Energy (Kenya) sont techniquement intéressantes mais s’adressent à un public différent. Ce sont des solutions post paid qui reposent sur une smart valve, une valve intelligente, qui coupe l’accès au gaz quand le client ne peut pas payer. En revanche, même lorsque il n’est pas utilisé, le produit demeure chez le client, ce qui représente une immobilisation d’argent pour l’entreprise. Il n’en demeure pas moins que ce sont des modèles technologiquement intéressants.

Dans notre solution, quand le client n’a pas d’argent, il ne vient pas à la station : c’est une solution prépayée. J’ai beaucoup travaillé sur les investissements de la station et c’est pourquoi nous utilisons les cylindres de nos partenaires gaziers. Pour rentabiliser une station, il faut à peu près 850 clients, ce qui est très bas. 

Notre premier modèle repose sur une station de remplissage de gaz digitale, créé sur le principe de l’innovation frugale afin de proposer des prix adaptés à une clientèle vivant dans des zones urbaines très pauvres.


Des stations de gaz opérées par la communauté locale qui créent des emplois localement

Nous opérons sur un modèle de micro franchise : dans chaque township / bidonville / quartier, nous identifions des clients potentiels et des entrepreneurs qui vont opérer les stations. Nous investissons pour installer scrupuleusement la station en conformité avec la réglementation (Major Hazard Installation), nous achetons le gaz à notre partenaire gazier et percevons les paiements sur notre plateforme digitale. Mais le plus intéressant c’est que cette station sera opérée par un membre de la communauté locale qui va embaucher entre 4 et 10 personnes de la dite communauté pour fournir un service irréprochable. 

Inclure les personnes de la communauté est fondamental : c’est un commerce de proximité où la relation de confiance et de connaissance mutuelle est très importante. Les personnes qui ne peuvent pas acheter une bouteille pleine  n’ont pas de voiture, tout se fait à pied, comme dans un corner shop. L’inclusion des personnes de la communauté permet de garantir à la fois la pérennité du business et la protection de l’investissement. 


ENGIE avait doté ce challenge d’un prix de 10 000 $. Que voulez-vous en faire ?

Le prix de 10000 $ offert par ENGIE va être partagé entre les personnes de mon équipe, Natalia (Ops), Justin (Commercial) et Adrian (Digital) pour les remercier de leur engagement depuis le début de cette véritable aventure humaine. Le projet n’aurait pas pu aboutir sans leur engagement et leurs sacrifices. Une petite partie du prix sera utilisée pour structurer les relations entre la holding France et l’Afrique du Sud afin de préparer l’entrée d’investisseurs pour déployer les prochaines stations PayGas.

Pour l’instant, nous commençons à déployer la solution dans les 366 townships sud-africains qui représentent plus de 20 millions d’habitants – soit près de la moitié de la population. 

Dans un deuxième temps, nous voulons exporter PayGas vers d’autres pays de l’Afrique sub-saharienne où les sujets sont un peu différents : la déforestation liée à la cuisine dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Sénégal, pour lesquels nous travaillons déjà sur un deuxième pilote adapté au milieu rural. Dans ces pays, on considère que 85-90% de la déforestation est liée à la cuisine. Ce qui est dramatique et irréversible tant que l’on ne propose pas aux consommateurs une solution clean cooking accessible.


Carole, la solution de PayGas intéresse ENGIE Africa qui lui imagine un bel avenir ?

Dans la solution PayGas, un aspect m’intéresse tout particulièrement, c’est son potentiel d’expansion : non seulement l’Afrique du sud, mais également l’Afrique de l’Ouest, ou l’Afrique de l’Est. PAYGAS, un modèle d’innovation frugale avec des coûts de production réduits permet d’offrir une solution de cuisson propre et fiable à des clients disposant d’un bas revenu et également de créer de l’emploi et de booster l’économie localement. Participer au Challenge Africarena sponsorisé par ENGIE a donné à PAYGAS de la visibilité et leur a permis de présenter leur solution à un public de professionnels. 


Philippe, vous avez reçu également le soutien de la ville de Cape Town ? 

Oui, la ville de Cape Town nous a inscrit en tant qu’acteur dans sa politique de changement climatique et d’inclusion économique, en particulier grâce au fait que chaque station PayGas crée entre 4 et 10 emplois autour d’un entrepreneur du quartier. Notre solution de clean cooking crée de l’emploi dans les township qui sont les zones les plus défavorisées avec le plus fort taux de criminalité (Delft, Nyanga…). 

Nous sommes également soutenus par l’ambassade de France en Afrique du Sud et avons été reçu par le Ministre des Affaires Etrangères, Jean-Yves LE DRIAN, lors de sa visite à Cape Town, le 1er Mars 2019.

Pour les pays en conflit de la bande sahélienne, l’inclusion économique et écologique sont une priorité d'autant que l'on sait que le sujet du terrorisme est d’abord un sujet de pauvreté. Utiliser 7kg gaz par mois pour cuisiner permet d'éviter la déforestation de 800 kg de bois chaque année. C'est donc un sujet particulièrement vital pour les 2,6 Milliards d’habitants qui cuisinent au bois chaque jour, notamment en Afrique, Asie et Amérique du Sud.


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