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CES 2019 : ENGIE fait parler les objets connectés de la maison

Bâtiments connectés
03/12/2018

Faire de la maison un endroit que l’on quitte l’esprit tranquille et dans laquelle on se réjouit de se retrouver: voici le but du projet "ENGIE solutions for the connected home" qu'Amaury Lamarche développe comme une véritable startup interne au sein d’ENGIE. L’équipe exposera ses solutions pour les objets connectés de la maison sur le stand ENGIE & Partners au CES.

Amaury Lamarche nous raconte l’historique du projet et sa vision pour l’avenir.


Des objets connectés qui rendent la maison intelligente ? C’est bien ce que vous proposez ?

Nous n’avons pas vocation à développer notre propres objets connectés comme le font Sowee chez EDF ou Hive chez British Gas car nous sommes convaincus qu’il existe aujourd’hui sur le marché des acteurs qui commercialisent avec succès des objets incroyablement intuitifs. Nous nous sommes logiquement rapprochés de ces leaders du marché pour accéder aux données de leurs objets afin d’y adosser nos propres solutions d’efficacité énergétique. Notre projet permet de créer de nouvelles expériences, accessibles à nos clients résidentiels dans les interfaces web et les applicatifs du Groupe ENGIE .

Par exemple, à partir de la récupération des données d’un simple thermostat nous pouvons désormais leur proposer des améliorations sur leur programmation de chauffage, estimer l’efficacité de leur équipement, ou même proposer des conseils d’isolation. Nous ne nous limitons néanmoins pas au thermostat car nous avons déjà intégré d’autres objets dans notre plateforme comme des chaudières, des prises connectés et des panneaux solaires. En quelque sorte nous faisons parler ces objets connectés pour les rendre plus pertinents, utiles et rentables !

Nous projetons d’ailleurs d’étendre prochainement nos services aux véhicules électriques. Pour vous donner un exemple, en capitalisant sur les offres dédiées proposés par ENGIE en France et à l’international, nous pourrons optimiser les moments de charge du véhicule afin de réduire la facture du client.


Vos clients sont-ils en majorité des clients particuliers ?

Nous fournissons des services à nos entités de commercialisation, nos Business Units. Ces services sont directement intégrés dans leurs interfaces clients (site internet, applications, mail,…) grâce à des API. Nous travaillons par exemple actuellement à l’intégration des thermostats Netatmo directement dans l’application ENGIE Particuliers qui devrait être disponible courant janvier. Les clients pourront comprendre l’impact de leur température de confort sur l’évolution de leur consommation.

Mais nous développons également des solutions utilisées par notre réseau d’intervention chez les particuliers. Ces services permettent de révolutionner notre relation et de déployer des promesses clients vraiment innovantes. Je pense notamment à l’offre Eideris de ENGIE Home Services qui propose une nouvelle chaudière connectée et efficiente, avec un service d’assistance à distance, le tout inclus dans un forfait mensualisé.


Vous avez développé le projet comme une véritable startup interne chez ENGIE ?

L’idée a germé fin 2016 suite à plusieurs constats. ENGIE vend depuis plusieurs années une gamme objets connectés (thermostats, bornes de recharge, panneaux solaires, chaudières…) adossés ou non à des contrats. Par ailleurs, nos clients s’équipent grâce à des offres proposés par des sites de ventes en ligne ou des réseaux de magasins tiers. Cependant il n’existait aucune solution au sein de ENGIE pour récupérer, avec l’accord du client, les données générés par ces objets qui sont précieuses pour enrichir notre relation. Il faut savoir que ENGIE gère 24 millions de contrats d’énergie et de services avec des clients répartis dans plus de 12 pays, ce qui représente un atout incroyable pour déployer ces solutions à l’échelle.

La première étape du projet était de démontrer que nous étions capables de remonter les données d’un thermostat qui n’était pas fabriqué par ENGIE et de proposer des services personnalisés, réplicables sur d’autres marques. Cela nous a permis d’obtenir en 2017 le financement nécessaires pour déployer dans un premier temps ces solutions au Royaume Uni et aux Pays Bas.

Le succès de ces premiers développement nous a permis d’acquérir la confiance du management et poussé à prendre le pari d’industrialiser la solution avec ENGIE Digital en 2018. Avec Aissa Belaid, mon partenaire dans cette histoire, nous avons monté une équipe qui regroupe des compétences métier et digitales pour travailler sur des projets d’envergure notamment en Belgique, France et Italie.

On pourrait donc en effet assimiler ce processus au développement d’une start-up : un POC pour vendre le concept et obtenir les premiers financement, des MVP pour tester le modèle et embarquer tout un écosystème dans notre vision, une phase d’industrialisation pour rendre notre solution robuste et évolutive. Nous nous concentrons désormais sur l’intégration de nouveaux partenaires, sur le développement de nouveaux services et sur l’ouverture à de nouveaux marchés.


Que diriez-vous de l’innovation chez ENGIE ?

Le secteur de l’énergie est un secteur en pleine mutation autour, essentiellement, de deux concepts : l’écologie et le digital. L’innovation est donc bouillonnante, avec des modèle d’affaires en pleine évolution. ENGIE veut avoir une place particulière dans ce futur de l’énergie. Pour être au cœur de la transformation d’un secteur qui doit vendre mieux pour consommer moins, le Groupe permet des innovations itératives comme notre projet. 

On considère aujourd’hui notre solution comme un véritable levier pour innover dans nos solutions clients. Je suis convaincu que l’avenir pour ENGIE se trouve dans la vente de services d’efficacité énergétique et plus uniquement dans la simple facturation d’une consommation d’énergie.


Que représente pour vous le fait de participer au CES ?

Ce n’est surement pas une finalité car il nous reste encore du chemin pour prouver que notre projet est un succès. Par contre, c’est le moment idéal pour nous de participer à ce genre d'événement car notre solution est désormais mature et industrielle. Nous sommes prêts à enrichir notre écosystème de partenaires et lui adosser de nouveaux services. 

Le CES c’est le lieu de rencontre de toutes les entreprises les plus innovantes du marché qui sont implantés dans la maison connectée. C’est donc une opportunité pour identifier de nouveaux cas d’usage pour la maison de demain et partager avec des innovateurs des quatre coins du monde. Nous sommes également persuadés que c’est une occasion pour donner de la visibilité à notre projet et nouer des relations gagnant-gagnant avec des leaders du marché.


Qu’allez-vous montrer au CES ?

Nous allons présenter essentiellement deux solutions sur laquelle nous avons travaillé en 2018.

D’abord, le pack chaudière connecté EIDERIS de ENGIE Home Services que j’ai déjà évoqué. C’est une offre qui comprend une nouvelle chaudière efficiente accessible à partir de 63€ par mois pendant 5 ans, assurée pendant 5 ans, comprenant les interventions 7/7 et un suivi à distance en cas d’anomalie. Nous avons développé un outil de suivi à distance qui permet à notre réseau de technicien d’être averti en temps réel en cas de panne. 

Ensuite la BOXX, un thermostat développé en Belgique en partenariat avec Quby, un objet connecté qui embarque plusieurs fonctionnalités : comptage de consommation d’eau, d’électricité, de gaz et un thermostat. Nous avons enrichi l’expérience avec de la détection de performances, d’isolation et de fuites d’eau


Quelle serait pour vous la rencontre magique au CES ?

En soit, je ne m’attends pas à assister à un mariage célébré par Elvis ! Plus sérieusement, comme je le disais, la participation au CES n’est pas un aboutissement. Nous avons aujourd’hui une vision partagée de notre plateforme industrielle et notre objectif est de réaliser notre ambition. Les partenaires et les acteurs qui nous permettent de développer des usages vraiment différenciants et à valeur ajoutée seront les rencontres clés du CES.


Comment imaginez la maison connectée en 2030 ?

La maison est avant tout un lieu où partager des moments de vie, d’émotions, où prendre le temps de se retrouver ou de retrouver les personnes qui nous sont proches. Dans ma vision, la technologie doit contribuer à l’émancipation de l’homme et en aucun cas mener à l’isolement. La maison connectée ne doit donc pas asservir ses occupants à son contrôle et son pilotage, mais doit le libérer des contraintes - qui ne sont pas forcément les plus enrichissantes.

Nous quitterons la maison connectée de 2030 l’esprit léger et nous nous réjouirons d’y retourner pour nous y retrouver. D’ailleurs, la connexion des objets n’est que la première étape, c’est l’intelligence que nous apporterons qui permettra de réaliser cette ambition.


Source : Christine Leroy