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La Poste devient solaire

Energie décentralisée
03/07/2018

Installer une ombrière photovoltaïque sur un parking pour alimenter les véhicules électriques qui y sont garés : tel était l’objet d’un appel à Innovations lancé par La Poste en janvier 2018 et que vient de remporter une équipe mixte ENGIE / EATON. 

Emmanuel SCHILLEWAERT et Laurent FOULON, pour la Délégation Régionale Normandie ainsi que Xavier COULANGES et Gwenaelle DOUARD pour ENGIE Ineo ont porté ce projet et nous en racontent la genèse.


En janvier 2018, nous avons eu connaissance d’un appel à innovations lancé par La Poste qui visait à installer une ombrière photovoltaïque et du stockage sur un site pilote déjà équipé de bornes de recharge.  La Poste souhaitait que le système puisse être déplaçable en cas de changement de site, ce qui implique une structure assez légère pour pouvoir être déménagée.

Pour faire aboutir ce projet, nous avons sollicité les bonnes compétences, en particulier les équipes d’ENGIE INEO à Toulouse. Concernant EATON, nous les avions rencontrés auparavant sur un projet de data center et nous leur avons proposé de collaborer sur ce projet. Leur compétence dans la finesse du pilotage du système de stockage de l’électricité est une vraie valeur ajoutée et leur spécificité, réutiliser des batteries de seconde vie, est un « bonus » RSE intéressant.

L’appel à Innovations que nous avons gagné consiste dans un premier temps à l’installation d’une ombrière deux places avec une batterie de seconde génération pour le stockage sur un site pilote dans les Yvelines pour un test de 12 mois.


Se mettre en mode startup

Pour remporter cet Appel à Innovations, nous avons vraiment joué sur l’agilité, la rapidité, l’adaptabilité et l’écoute du client. Notre but était de montrer que le duo ENGIE / EATON pouvait proposer une solution intelligente et pertinente répondant au besoin spécifique de La Poste. 

Il fallait prouver que 2 groupes comme EATON, qui représente tout de même 150 000 collaborateurs dans le monde, et ENGIE sont capables de répondre sur un besoin ultra local, spécifique et ponctuel, tout en veillant à ce que la réponse soit généralisable et adaptable à l’ensemble des sites si besoin. Nous avons donc travaillé sur la question de la reproductibilité, avec un modèle économique simple qui correspondait aux attentes de notre client. 

Le besoin exprimé dans cet appel à innovations est très spécifique : dans la journée, au moment où il y a du soleil, le véhicule ne peut pas être alimenté, puisqu’il circule. La spécificité de cette flotte est que les véhicules sont plutôt immobilisés la nuit et roulent le jour. L’intérêt est de pouvoir stocker l’énergie dans la journée, pour la restituer la nuit quand les véhicules en ont besoin. 

Techniquement, il s’agit de panneaux solaires photovoltaïques et le stockage permet un tampon pour recharger les véhicules quand ils ne sont pas utilisés. 

Par la suite, si le test est concluant, nous espérons pouvoir passer à une phase industrielle sur d’autres sites afin d’augmenter le nombre d’ombrières et de stockages en fonction du nombre de véhicules. La solution proposée est totalement modulaire.  

  

Un créneau d’avenir

Si on prend en compte le nombre de parkings existants et le développement annoncé du véhicule électrique, il nous semble fondamental de nous positionner sur ce créneau.

Nous donnons une valeur à une emprise foncière qui jusque-là n’en avait pas. La solution que nous avons montée n’est pas LA solution idéale partout et en tous lieux. C’est la réponse aux besoins d’une entité qui dispose d’une emprise foncière dont on peut améliorer la valorisation. 

On sait très bien qu’en terme d’ENR, le photovoltaïque est une des solutions d’avenir, qui se déploie plus facilement que l’éolien, avec un potentiel important. Pour nous ce projet avec La Poste nous permet de monter en compétence sur un sujet porteur. 

Par ailleurs, ce projet a permis aux équipes INEO d’apprendre à connaître EATON et inversement. En termes de pilotage de projet et de portage nous avons beaucoup appris. 

L’un des points sur lesquels nous avons gagné est sur la partie stockage, sur la combinaison de notre savoir-faire ENGIE et de la technique proposée par  EATON, ainsi que sur l’utilisation de la batterie de seconde vie qui a beaucoup plu. Il s’agit de la concrétisation, très pragmatique de ce que nous souhaitons faire sur la production d’énergie : décarbonée, renouvelable, délocalisée, et intégrant le digital.