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Nouvelles énergies 20/05/2021

Partage, recharge, batteries… et une petite bière ? La gestion du surplus d’énergie solaire

Partager l’excédent entre employés, mettre en place des batteries communes… Des initiatives montrent qu'il est possible d'utiliser l'excédent d'énergie solaire de manière à profiter aux consommateurs.

S'il est bien sûr envisageable d’améliorer la technologie de stockage des batteries, il existe également des alternatives pour réorienter l'utilisation immédiate de l'excédent d'énergie.

La part des énergies renouvelables dans notre approvisionnement en électricité est de plus en plus considérable. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables (AIER) estime qu’en 2020, ce sont plus de 260 gigawatts de capacité en énergies renouvelables qui ont été mis en place, soit une croissance record, 50% plus rapide qu’en 2019. Le solaire et l'éolien comptent pour 91% de ces énergies renouvelables utilisées dans la production d'électricité.

En parallèle, le prix de l'électricité solaire a chuté de 89 % ces dix dernières années. En cause, la diminution du prix global des installations solaires – le seul obstacle à sa distribution à grande échelle restant la disponibilité de terrains et d’acier à des prix compétitifs.

Résultat : une situation de surproduction. Après tout, à l’inverse des combustibles fossiles, les énergies renouvelables sont gratuites, abondantes et ne nuisent pas à l’environnement. Le problème, dès lors, n’est pas seulement un risque de gâchis d’excédent énergétique, mais également d’affecter considérablement les réseaux électriques en cas de pic de surtension. De tels excédents d’énergie perturbent en effet l’équilibre idéal nécessaire entre la quantité d’électricité produite et la demande. Il est bien sûr envisageable d’améliorer la technologie de stockage des batteries, mais il existe également des alternatives – comme la réorientation et l'utilisation immédiate de l'excédent d'énergie.

Voici quelques exemples d’initiatives ayant toutes à cœur de capitaliser sur l’excédent d’énergie solaire pour en faire bénéficier les consommateurs :

Partager l’excédent énergétique avec les employés

L’industriel australien Hunter Douglas, fournisseur de stores et auvents à Sydney, compte bien devenir la première entreprise du pays à revendre son excédent d’énergie provenant de panneaux solaires à ses employés, à un prix réduit.

  • Cette entreprise spécialisée dans des solutions avancées de traitement de fenêtres en vue de réduire les pertes d’énergie dans les habitations et les bureaux, avait en 2018 installé sur le toit de son entrepôt principal près de 800 kilowatts de panneaux solaires. Hunter Douglas s’est aperçu qu’il pouvait faire bénéficier ses employés de cette installation, en leur permettant notamment d’acheter à prix réduit l’excédent d’énergie solaire obtenu le week-end et les soirs d’été après 16h (une fois l’établissement fermé).
  • Pour mettre ce système en place, Hunter Douglas prévoit de s’appuyer sur la plateforme Enosi Powertracer, et de signer un nouveau contrat d’approvisionnement en énergie avec Simple Energy, la division de détail australienne d’ENGIE.
  • Cette plateforme de traçabilité de l’électricité pourra permettre aux usagers de choisir la provenance de leur énergie (en l'occurrence, les panneaux solaires sur les toits) et de surveiller minutieusement leur production et leur consommation : une solution durable pour les employés ne pouvant pas se permettre d’investir dans de telles installations ou même de louer des habitations équipées. Ces derniers bénéficieront ainsi d’un tarif parmi les plus bas de l'État du New South Wales. 

Recharger des véhicules électriques gratuitement

Le fournisseur britannique d’énergies renouvelables Good Energy s’est associé à ZapMap, plateforme digitale à l’origine d’une carte des emplacements de recharge dans tout le Royaume-Uni, pour proposer un service de recharge gratuit aux propriétaires de voitures électriques et reposant sur l’excédent d’énergies solaire et éolienne.

  • Good Energy prévoit également de créer des chargeurs intelligents pour les véhicules électriques ainsi qu’une application qui préviendra les conducteurs, par le biais d’une notification 24h à l’avance, de la disponibilité d’un créneau de 4h de recharge « flash » gratuite.
  • Les horaires pourront varier en fonction des saisons : entre 11h et 15h en été (d’avril à septembre) et entre 23h et 3h en hiver (d’octobre à mars).
  • Cette tarification en fonction du temps d'utilisation des véhicules électriques alimentés en énergie renouvelable est une première au Royaume-Uni. Comme l’explique Juliet Davenport, la PDG de Good Energy : « Ce nouveau tarif “flash” permettra aux clients de bénéficier d'une énergie verte et gratuite lorsque l’excédent en énergies solaire et éolienne est au plus haut. Les conducteurs de véhicules électriques s’impliquent déjà pour le climat ; c’est l'occasion pour eux d'aller encore plus loin en soutenant un réseau énergétique réellement propre ».



Des batteries partagées pour une mise en commun de l’énergie solaire

En Australie, le Parti travailliste a promis, s’il remporte les élections, d’investir plus de 200 millions de dollars dans l’installation de 400 « batteries communautaires » à travers le pays. Une solution qui pourrait permettre à des centaines de foyers alimentés en énergie solaire de mettre en commun leur surplus d’électricité photovoltaïque, de la conserver et ensuite de la partager.

  • En Australie, de nombreux foyers individuels sont équipés d’installations solaires, mais seulement 1 sur 60 dispose d'un système de stockage par batterie. Grâce à ces batteries partagées, les utilisateurs pourront avoir accès à davantage d'énergie solaire sans avoir à installer leur propre système de stockage, réduisant ainsi les coûts (pas besoin d'entretien ou de remplacement) et les risques.
  • Les batteries communautaires constituent également une solution plus économique et plus efficace pour les entreprises qui gèrent le réseau électrique – l'énergie pouvant être prélevée pendant les périodes de forte demande, afin d’alimenter les foyers le soir ou de seconder le réseau.
  • Les batteries, de 100 kilowatt à 1 mégawatt, vont de la taille d'un réfrigérateur à celle d'un conteneur.
  • Plusieurs essais sont en cours en Australie ; c’est le cas d’un projet lancé en février dernier par le distributeur d'électricité Ausgrid à Beacon Hill, dans la banlieue nord de Sydney.



Du surplus contre une bière

De quoi lever son verre à cette première sur le marché des énergies renouvelables ? En Australie, la brasserie Carlton and United (CUB) du groupe Asahi propose d’acheter aux particuliers leurs surplus en énergie solaire contre des cannettes de sa bière Victorian Bitter, à la place d’espèces sonnantes et trébuchantes.

  • L’entreprise a déjà installé des panneaux solaires sur le toit d’une de ses brasseries à Melbourne, et s’approvisionne en électricité auprès d’un parc photovoltaïque. Mais afin d’atteindre son objectif d’utiliser 100% d’énergies renouvelables d’ici 2025, CUB a décidé d’aller plus loin grâce à son programme Solar Exchange.
  • Ce programme permettra aux consommateurs générant un excédent d’énergie solaire d’échanger un avoir sur leurs factures d’électricité contre de la Victorian Bitter (un crédit de 30 dollars australiens équivalant à un pichet de bière, soit 24 canettes pour une valeur de 50 dollars australiens), livrée directement au domicile des consommateurs.

Les participants (500 places sont actuellement disponibles) doivent s'inscrire sur www.vbsolarexchange.com.au, faire le choix du fournisseur d'énergie Diamond Energy... et être en âge de consommer de l’alcool.