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Nouvelles énergies 15/03/2021

La révolution LEC : les avantages à petite et grande échelle de ces micro réseaux d’énergie

Ces dernières années ont vu l’émergence des communautés d’énergie locales en tant qu’alternatives vertes et résilientes aux réseaux nationaux.

Nous allons assister à une augmentation de l'utilisation des systèmes de gestion de l'énergie.

Cette autonomie, ainsi que le partage de la production et de la consommation d'énergie locale, seront rendues possibles grâce aux technologies numériques

Marie Gérard - Strategic Innovation & Disruption Project Director

La consommation d’énergie à l’échelle mondiale a presque doublé au cours des 30 dernières années et la tendance ne semble pas ralentir. Selon les experts, l’essor de l'intelligence artificielle, du Big Data et de l'Internet des objets (IoT), grâce auxquels les appareils autour de nous auront des capteurs et à des logiciels intégrés pour collecter des données et communiquer entre eux, ne va faire qu’accroître notre soif d'énergie ces prochaines décennies. Cette demande croissante, associée à la nécessité de décarboner l'économie, risque d’exercer une pression excessive sur les réseaux énergétiques. Il nous faudra alors développer de nouvelles façons de gérer et d'intégrer l'énergie dans nos réseaux nationaux centralisés.

Les communautés d'énergie locales (local energy communities, LEC) ont dernièrement fait leur place parmi les solutions à cette problématique. À la base, les LEC désignent des groupes d'individus qui travaillent ensemble pour produire, stocker, partager, acheter et vendre leur propre énergie au sein d'un micro-réseau local, indépendant des réseaux nationaux. Une LEC implique l'installation de panneaux solaires ou d'autres moyens pour produire localement de l'énergie verte. Lorsqu’elles sont mises en place correctement, les LEC sont en mesure de rendre les communautés vertes, autonomes et résilientes énergétiquement, et ce, de manière efficace. Elles peuvent même faire gagner de l'argent à leurs membres grâce à la vente de leur excédent d’énergie au réseau.

« Cette autonomie, ainsi que le partage de la production et de la consommation d'énergie locale, seront rendues possibles grâce aux technologies numériques », précise Marie Gérard, directrice des projets d'innovation stratégique et de disruption chez ENGIE.

Au cours des prochaines années, nous allons assister à une augmentation de l'utilisation des systèmes de gestion de l'énergie (Energy Management System, EMS). Il s’agit de plateformes numériques BtoB et BtoC qui connectent plusieurs consommateurs, producteurs et appareils, comme celles développées par tiko et Kiwi Power. En connaissant les caractéristiques propres à chaque acteur du réseau, les EMS peuvent optimiser le flux d'énergie et réagir de manière intelligente et fiable aux fluctuations de la demande et de l'offre en faisant, par exemple, varier légèrement le cycle de chauffage de certaines installations. Cette gestion permet à terme d’économiser de l’énergie mais aussi de l’argent pour les consommateurs.

Comme l’explique Marie Gérard, les LEC sont loin d’être une simple utopie. Grâce aux directives de l'UE, leur heure de gloire est arrivée – à tel point qu’elles pourraient connaître une croissance fulgurante au cours des années qui viennent. « Nous avons un véritable mouvement citoyen qui souhaite désormais recourir à des solutions énergétiques autonomes, et agir à sa propre échelle, grâce au local, au circulaire, au renouvelable », poursuit Marie Gérard. « Il est également très probable que ces LEC ne se limiteront pas à l'électricité mais s'étendront au réseau chaud / froid et peut-être même à l'utilisation de nouveaux gaz : biogaz, biométhane, voire hydrogène. Ainsi, ils gagneront en autonomie tout en allégeant le réseau et en limitant le risque de black-out. »

Voici quelques-uns des derniers développements européens dans le secteur des LEC :

Magliano Alpi, Italie

Ce petit village endormi au pied des Alpes italiennes est devenu la première municipalité d'Italie à mettre en place une LEC basée sur les énergies renouvelables, c'est-à-dire une communauté des énergies renouvelables (REC). Suite à la mise en place « sans précédent » en Italie de nouvelles réglementations et incitations, Magliano Alpi a déjà réussi à connecter sept de ses bâtiments à la REC et à sa plateforme de gestion des flux d'énergie qui permet aux autorités de surveiller la production et la consommation d'énergies renouvelables dans le réseau. Mais Magliano n’en est qu’à ses débuts : selon le site pv magazine, la communauté a pour ambition de couvrir les besoins énergétiques de la moitié de la ville d’ici les prochaines années, puis de s’étendre à cinq autres communes voisines.

Bostadsrättsföreningen Lyckansberg

Suède. Cette association de logements au sud de la Suède produit et gère de l'énergie verte de manière autonome depuis trois ans. Les 85 locataires ont installé une petite centrale solaire en 2018 et utilisent aujourd’hui l'énergie produite collectivement pour leurs besoins domestiques, y compris l'éclairage, les laveries et même les saunas traditionnels. En cas de surplus, l’énergie est vendue en ligne. Et en cas de plus forte demande, les membres peuvent acheter l'énergie d’appoint sur le réseau.

Bristol, Royaume-Uni

Un autre projet est en cours de développement dans le sud-ouest de l'Angleterre, où la Bristol Energy Cooperative, une coopérative citoyenne, a annoncé la mise en place du premier micro-réseau domestique à consommation neutre du Royaume-Uni. Micro-réseau qui serait alimenté à l'énergie hydroélectrique. Selon la coopérative à but non lucratif, deux turbines seront installées sur la rivière Avon, à un point où le débit d’eau atteint environ 18 tonnes par seconde. Le programme devrait produire suffisamment d'énergie propre pour alimenter quelque 250 foyers, rapprochant un peu plus la ville de son engagement d'atteindre le zéro émission nette d’ici 2030. Ce n'est pas le premier projet de ce type pour la Bristol Energy Cooperative : au cours des 10 années qui ont suivi sa fondation, ses 600 membres ont installé 16 projets de panneaux solaires et de stockage de batteries dans la ville, suffisamment pour fournir de l'énergie verte à environ 3 000 foyers de Bristol.


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