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Autres innovations 13/01/2020

Mesurer les émissions de CO2 depuis l’espace : l’Europe met les bouchées doubles

Mieux connaître les sources d’émission de dioxyde de carbone, c’est se donner les moyens d’en limiter l’impact environnemental. Dès 1996, le lancement d’une première mission japonaise a permis aux scientifiques d’apprécier l’avantage qu’il y a à observer ces émissions par satellite interposé. De nombreux projets misent à présent sur cette nouvelle course à l’espace.



En novembre dernier, les 22 Etats membres de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ont alloué à l'organisation son financement le plus important à date, incluant un budget record de 1,8 milliards d’euros à l’extension du programme Copernicus d’observation de la Terre. Une nouvelle d’importance, tant pour les militants environnementalistes que pour les chercheurs s’intéressant au dioxyde de carbone : l’augmentation de ce financement — et par extension, le renforcement de la flotte de satellites « Sentinels » — fera non seulement de Copernicus le programme de surveillance spatiale du CO2 le plus ambitieux à ce jour, il devrait également permettre de mieux distinguer entre les émissions de CO2 d’origine naturelle et celles provenant de l’activité humaine.


Une couverture mondiale exceptionnelle


Le fonctionnement des Sentinels est désormais assuré pour les 20 prochaines années (les incertitudes budgétaires avaient bloqué le lancement de nouveaux satellites depuis 2015). Le programme a par ailleurs été renommé et repensé pour mieux répondre aux objectifs des Accords de Paris et convaincre les membres de l’ESA d’investir dans le projet. D’ici 2025, trois nouveaux satellites seront mis en orbite, dans le but de mesurer les concentrations de CO2 à chaque endroit de la planète tous les trois jours, balayant la Terre sur des bandes d’environ 200 km de large et fournissant des images d’une résolution de 2x2 km.



 

« La couverture géographique de cette mission de surveillance du CO2 est sans précédent. Du jamais vu auparavant », selon Richard Engelen, directeur adjoint du service dédié à la surveillance de l’atmosphère au sein du programme Copernicus au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT).


En 2009, la NASA avait elle aussi inauguré un programme d’ampleur similaire, l’Orbiting Carbon Observatory (OCO). Ce dernier avait toutefois essuyé plusieurs revers financiers et autres avaries technologiques : OCO-1 n’avait pas réussi à atteindre la Station Spatiale Internationale, à laquelle il était censé s'arrimer ; OCO-2, conçu pour une durée de deux ans seulement, mettait quant à lui des semaines à recueillir des données sur un même endroit ; enfin, OCO-3 avait dû faire face à des coupes budgétaires drastiques jusqu’à l’été 2018. Les scientifiques de la NASA ont eux-mêmes admis avoir laissé passer leur chance d’être les leaders de la surveillance spatiale des émissions de CO2, abandonnant ce privilège à leurs collègues européens. 


Une nouvelle génération de technologie satellite

 

Deux autres pays aux ambitions spatiales avouées, le Japon et la Chine, possèdent eux aussi leurs propres satellites de mesure de CO2. Le satellite d’observation chinois TanSat a été mis au point en 2010 et lancé en 2016. Conçu pour durer trois ans, TanSat touche à la fin de sa mission, mais le gouvernement planche déjà sur une nouvelle génération de satellites, mettant à profit les informations glanées depuis l’espace pour gérer les hauts niveaux de pollution atmosphérique.


Le Japon a été le premier à mettre au point de tels satellites, et ce dès les années 1990. Il faudra pourtant attendre 2009 pour que le pays lance son propre programme de surveillance spatiale à proprement parler : GOSAT (Satellite d’Observation des Gaz à Effet de Serre) mesure désormais les émissions de CO2 et la densité en méthane sur plus de 56 000 endroits à travers le monde ; l’an dernier, une nouvelle génération de satellites a été mise en orbite. En parallèle, l’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) a également inauguré sa mission spatiale HySIS, prévue sur cinq ans, et dont les satellites sont en mesure d’évaluer la pollution industrielle.


En un peu moins d’un quart de siècle, la technologie satellite s’est développée à une vitesse impressionnante et les choses ont bien changé depuis les premiers efforts japonais de mesure de CO2. Et qui sait : lorsque la prochaine génération de Sentinels prendra son envol, peut-être auront nous à notre tour évolué, et tiré les enseignement quant à la sauvegarde de notre planète…?

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