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High-tech : le futur se joue à Las Vegas

Autres innovations
05/01/2017

Le plus grand salon mondial de l'électronique grand public s'ouvre aujourd'hui à Las Vegas. La France, dont la région Occitanie, est présente en force avec le 2e contingent de start-up, derrière les États-Unis.

C'est un salon énorme, où se construit le futur. Notre futur. Santé, transports, domotique, intelligence artificielle, réalité augmentée, smart city, le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas est le plus grand salon mondial de l'électronique (au sens large) grand public.

L'édition 2017 qui se tient d'aujourd'hui à dimanche est la cinquantième et va accueillir, venus du monde entier, plus de journalistes que les derniers Jeux Olympiques !
C'est surtout un salon où la France brille depuis quelques années, mettant en sourdine, l'espace de quatre jours, le french bashing en vigueur Outre-Atlantique. Car si la délégation d'entreprises françaises présentes à Las Vegas est la troisième (275) loin derrière les États-Unis (1 713) et la Chine (1 307), elle est surtout très présente dans l'espace dédié aux start-up, l'Eureka Park, centre de toutes les attentions médiatiques. 178 entreprises innovantes françaises y auront leur stand, juste à côté des 203 start-up américaines, et très loin devant toutes les autres nationalités représentées (Israël, Corée, Chine…).
Au cœur de ce rassemblement de masse : l'internet des objets (IoT), considéré par de nombreux analystes comme «la prochaine révolution industrielle». En France, l'IoT devrait enregistrer un chiffre d'affaires de 15,2 milliards d'euros en 2020. Un secteur dont le chef de file se trouve à Labège, dans la banlieue toulousaine. Sigfox est en train de bâtir un réseau mondial d'internet bas-débit pour les objets connectés (lire page de droite). Et dans son sillage, le Connected Camp de Labège a pour ambition de devenir la Sillicon Valley française de l'IoT.


Fillon pour faire oublier Macron
L'an dernier, Emmanuel Macron avait été ovationné par les entrepreneurs français présents à Vegas, et avait même conquis les médias américains. Cette année c'est son successeur au ministère de l'Economie, Michel Sapin, qui représentera le gouvernement français. Mais c'est surtout François Fillon, qui a fait aussi le déplacement, qui espère séduire et obtenir le label «candidat high-tech».


Sigfox, 1er réseau mondial de l'IoT

C'est la figure de proue de la délégation française dans l'internet des objets (IoT). La société de Labège déploie vitesse grand V son réseau bas débit qui permet aux objets connectés de se relier à internet. Les antennes de Sigfox sont déjà présentes dans 29 pays, et couvrent ainsi 451 millions d'habitants. D'ici 2018, le réseau du Toulousain couvrira une soixantaine de pays.
Sigfox, fondée par Ludovic Le Moan (photo), est de loin le réseau le plus étendu au monde entièrement dédié à la connection des objets à distance. Toutes les start-up qui développent des objets connectés doivent utiliser une plateforme technique pour acheminer les données : Sigfox leur propose la location de son réseau. Véritable licorne de l'économie tricolore la société toulousaine attire tous les investisseurs. Après avoir levé 150 millions d'euros en février 2015, signant la seconde plus grosse opération financière de l'année en France juste derrière l'hébergeur OVH, la start-up vient de boucler un nouveau tour de table de 150 M€. Les actionnaires historiques sont prestigieux : la Banque publique d'investissement (BPI), Intel… désormais rejoints par le groupe pétrolier Total ou encore l'Américain Salesforce. Participer au CES de Las Vegas sera une excellente vitrine pour Sigfox qui a décidé d'accélérer le déploiement de son réseau aux USA. Déjà présent dans cent villes américaines, Sigfox veut couvrir 40 % de la population américaine d'ici la fin 2017.


Connit, la télérelève des compteurs
Créée en 2012, Connit s'est spécialisée dans les objets connectés dans les domaines de la télérelève de l'eau, de la surveillance de bâtiments et de la maintenance connectée. À titre d'exemple, Connit est en phase d'évaluation finale avec Irish Water, le gestionnaire d'eau potable au Nord de l'Irlande. Les boîtiers et l'application «Water Saver» développés par la société toulousaine doivent permettre aux foyers irlandais de suivre leur consommation d'eau et de détecter une fuite en seulement deux heures. Les informations relevées par les petits boitiers de Connit utilisent le réseau d'un autre Toulousain, Sigfox (lire ci-dessus), pour alerter les consommateurs.


C'est sous l'ombrelle d'un de ses actionnaires, l'énergéticien Engie, que Connit expose sa technologie au CES de Las Vegas. Engie est en effet récemment entré au capital de la start-up qui a levé trois millions d'euros en août dernier. Engie vient par ailleurs de référencer Connit dans l'offre de services de sa filiale Axima pour la lutte contre le risque de légionellose. Les boîtiers de Connit, placés dans les réseaux d'eau chaude, émettront des signaux d'alerte lorsque les seuils critiques de température seront atteints. L'alerte invitera le gestionnaire du réseau à réinjecter de l'eau plus chaude afin de tuer la bactérie responsable de cette maladie infectieuse. Connit a réalisé 490 000 € de chiffre d'affaires en 2015 contre 2 M€ en 2016.
Catspad, un distributeur pour chats


La jeune start-up hébergée chez At Home, un espace de travail collaboratif situé au centre-ville de Toulouse, a conçu un distributeur connecté de croquettes et d'eau pour les chats. Inventé par Julie Leleu et Brice Cavelier, le distributeur permet de surveiller au plus près l'alimentation de son chat (ou de son petit chien). Couplé à une application sur smartphone et tablette, le distributeur prévient quand le niveau d'eau et de croquettes est bas et permet de connaître exactement la quantité de croquettes mangée par le chat. «Nous allons nous servir de notre présence sur le CES de Las Vegas pour lancer notre opération de financement participatif sur la plateforme américaine Quickstarter et ainsi pouvoir toucher des investisseurs d'Outre-Altantique» explique Julie Leleu. Le but est de lever 30 000 dollars afin de lancer l'industrialisation du distributeur désormais au point. La commercialisation est prévue pour mai prochain au prix de 299 €. Pour 2017, lastart-up toulousaine table sur un chiffre d'affaires d'un million d'euros grâce aux ventes directes sur le web et grâce à un réseau d'animaleries distributrices. Catspad vise essentiellement les marchés français, suisses, japonais, brésilien et américain. À terme, la start-up compte développer une gamme complète de produits connectés à destination des animaux comme des colliers, un panier, une litière, etc.
3DVarius, le violon électrique


Le Toulousain Laurent Bernadaca a inventé le premier violon électrique imprimé en 3D basé sur le modèle d'un Stradivarius. Le corps du 3Dvarius a la particularité de conduire les ondes sonores de façon optimale sans jamais les entraver, afin de permettre à l'instrumentiste un contrôle parfait du son. Le Biterrois désormais Toulousain d'adoption, après son diplôme de l'Insa en poche, a déjà enregistré sept commandes alors que d'autres arrivent en ce début d'année. À terme, il table sur 500 ventes par an, un rythme de production qu'il est capable d'assurer. Le violon, bijou d'acoustique se positionne sur le créneau du haut de gamme grâce à l'ultra-précision de l'impression 3D qui améliore la conduction des ondes acoustiques. Laurent Bernada a opté pour une résine époxy spéciale comme matière première. La production des premiers violons a été financée grâce à un financement participatif de 53 000 euros sur la plateforme américaine Quickstarter. La présence au CES de Las Vegas est stratégique pour 3DVarius car le marché américain représente 60 % du marché mondial du violon. Le Toulousain va donc profiter de cette vitrine mondiale pour accroître la notoriété de son innovation unique au monde. Des rencontres dans des conservatoires de musique et des magasins spécialisés ainsi que de démonstration seront réalisées aux Etats-Unis.


La trottinette connectée
Airlab industrie est une startup créée en 2014 qui propose une gamme de trottinettes électriques urbaines et innovantes. En forte croissance avec une cinquantaine de revendeurs partout en Europe, la société fabrique une trottinette made in France dans son atelier basé à Nîmes (Gard). Le prochain marché visé est Outre-Atlantique, d'où l'intérêt pour Airlab de se faire remarquer au CES.
Le fondateur de la start-up, Arnaud Poré, a lancé en 2016 la Lab'Elle, une trottinette électrique connectée grâce à une application mobile dédiée, une batterie lithium régénérante, un panneau solaire intégré, des finitions bois et cuir haut de gamme ainsi qu'un plancher personnalisable. La cible clairement définie est féminine, moins utilisatrice que les jeunes ou les hommes pour l'instant. Le côté innovant est porté par l'application, qui sert de système antivol qui bloque le système d'alimentation de la trottinette.


La météo ultra-précise
Wezr, c'est une pastille connectée, large comme une balle de ping-pong, aimantée, et qui renferme suffisamment d'intelligence pour proposer des prévisions météo très fiables dans un rayon d'un kilomètre. Mises en commun entre tous les utilisateurs présents dans différents endroits, les prévisions Wezr offrent une météo globale ultra-précise. La levée de fonds réalisée en juin a atteint deux fois le montant recherché, et permis du coup de lancer fin 2016 la commercialisation à l'échelle nationale. Et dès cette année, les deux fondateurs Montpelliérains, Vincent Crosnier et Stéphane Diner, ont prévu de s'attaquer au marché américain.
Ils pourront pour cela mettre en avant leur partenariat avec le Cnes pour l'utilisation de ses données spatiales, et la certification de leur innovation par le centre de recherche du CNRS de Sophia Antipolis.


Et aussi…
Appi Technology, communication longue distance en mains libres, Nîmes.
Bimp Air, système de gonflage autonome, Béziers.
Flipr, analyse l'eau des piscines, Labège (31).
Lundi Matin, logiciel de caisse, Montpellier.
Neobie, analyseur de peau optique connecté, Alès.
Plussh, solution de retransmission vidéo en direct, Montpellier.
Specktr, création et contrôle de musique d'un mouvement de main, Montpellier.
Revinax, formation aux actes chirurgicaux en réalité virtuelle, Montpellier.
Eden 3D, impression 3D pour la podologie, Montpellier.
Covirtua, traiter les troubles cognitifs via la réalité virtuelle, Toulouse.
Axible, accompagnement
dans la transformation digitale de l'entreprise, Labège.
Ubleam, réalité augmentée, Toulouse.
Awox, objets connectés pour un habitat intelligent, Montpellier.
Kuzzle, édition de logiciel, Montpellier.
Allpriv, le boîtier qui sécurise les données, Aniane (34).
Camynoo, le GPS pour retrouver son animal de compagnie, Cugnaux (31).

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Source : Gil Bousquet / La Dépêche du Midi


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