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Gyrolift, une histoire de rencontres

Mobilité durable
14/11/2017

Même si vous pensez ne pas savoir ce qu’est un gyropode, vous en avez certainement déjà croisé, par exemple sous le nom commercial  « segway ». Une jeune startup des Yvelines, Gyrolift, a pris le parti de développer une solution de mobilité pour tous types d’usagers, y compris en situation de handicap, sur la base d’un gyropode. 

Gyrolift accompagnera l’incubateur de Polytechnique X-UP et ENGIE au CES à Las Vegas en janvier prochain.
Lambert Trenoras, l’un des 3 co-fondateurs de la startup nous en dit plus.

Bonjour Lambert. Gyrolift, c’est à la fois le nom de la startup et de son produit ?

Oui, la startup Gyrolift développe des solutions de mobilité basées sur des technologies gyropodiques. Et notre premier produit, le Gyrolift mobilité, est une solution de mobilité universelle, pour tous types d’usagers, incluant les personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap.

Il s’agit d’un module robotique que l’on installe sur n’importe quel gyropode et qui permet de le transformer en solution de mobilité incluant une verticalisation. Elle permet ainsi à une personne à mobilité réduite ou en situation de handicap de se déplacer aussi bien assise que debout tout en bénéficiant des avantages de la plateforme gyropodique en termes de compacité, de maniabilité et d’accessibilité. 


Quelle est votre l’histoire ? Comment vous est venue l’idée de développer ce produit ?

A l’origine du Gyrolift, il y a d’abord des rencontres, celles de mes deux associés, Luc Soubielle, président de l'association Handipode pour les aides à la mobilité de personnes en situation de handicap et personnellement concerné par cette situation et Eric Monacelli, professeur à l’université de Versailles, expert en solutions de mobilité pour personnes en situation de handicap et également président du CEREMH (centre d’expertise nationale sur les aides à la mobilité).

Le constat de départ est celui-ci : d’un côté il y a une technologie novatrice, celle des gyropodes, et de  l’autre une technologie archaïque, celle des fauteuils roulants et verticalisateurs électriques. C’est ainsi qu’est venue l’idée de mixer les deux technologies.
Luc et Eric ont donc mis en place un sujet de thèse de doctorat qui m’a été confié et au cours duquel j’ai développé le Gyrolift.

Le Gyrolift sera commercialisé au second semestre 2018. Actuellement, nous finalisons une version pré-industrielle qui fera l’objet d’une évaluation clinique, et en parallèle, nous menons l’industrialisation de la version finale. 

Vous avez testé le Gyrolift à la fois sur des personnes en situation de handicap et sur des personnes valides ?

Non, pour l’instant, nous ne l’avons testé que sur des personnes valides. Pour tester sur des personnes en situation de handicap, il faut mener une évaluation clinique et c’est justement notre prochaine étape.

En effet pour mener ce type de tests, il faut des autorisations du Comité de Protection des Personnes, de l’association nationale sur les médicaments, etc… C’est donc un processus complexe à mettre en place. Nous avons maintenant toutes les autorisations et le test va débuter très prochainement. Nous sommes en phase de recrutement des « testeurs ».


Vous venez au CES avec ENGIE et avec l’incubateur de Polytechnique dont ENGIE est partenaire. Encore une histoire de rencontres ?

Oui tout à fait. L’an dernier j’ai découvert par le biais d’un article de presse que l’incubateur de Polytechnique lançait un appel à candidatures pour sa nouvelle promotion. J’ai candidaté et  j’ai ensuite fait deux accélérations à X-UP, l’accélérateur de l'école Polytechnique.

Par ailleurs, je suis lauréat d’un concours lancé par la CCI Versailles Yvelines grâce auquel mon voyage et mon séjour à Las Vegas sont pris en charge. Du coup, j’ai cherché une solution qui me permette de pouvoir également exposer le Gyrolift au CES. De fil en aiguille l’incubateur de Polytechnique dont ENGIE est partenaire et qui sera également présent sur le stand ENGIE & partners au CES m’a proposé d’y participer à leurs côtés.

J’avais déjà obtenu un stand directement pour la société, mais j’ai finalement choisi d’être présent au CES avec l’incubateur et ENGIE, ce qui en terme de visibilité et de contacts promet d’être très intéressant.


Et vous allez donc exposer un gyrolift au CES ?

Oui, nous allons inaugurer le dernier modèle, la version pré-industrielle. En terme de logistique, grâce à l’aide d’ENGIE ce sera plus facile.

Qu’attendez-vous de votre participation au CES ?

J’espère profiter le plus possible de cette visibilité pour faire des rencontres, clients ou associés potentiels, signer des contrats ou des partenariats… Le champs des possibles est large !
  

Quelle pour vous l’innovation la plus marquante ?  Celle qui a contribué à changer le monde ?

Si vraiment je devais en choisir une, ce serait l’informatique, les ordinateurs. Au cours des 70 dernières années, grâce à l’informatique et aux calculateurs on a sans doute fait plus de progrès et plus rapidement qu’au cours de tous les siècles précédents. On a atteint des développements que l’on ne pouvait même pas envisager avant l’informatique.


Pour terminer, quelle est la question que vous auriez aimé que je vous pose ?

J’aurais aimé parler d’accessibilité, d’inclusivité, de la notion de solution universelle, adaptée à tous les usagers.
Du coup ma question serait Est-ce que la conception universelle est un challenge pour les années à venir ?

La conception universelle, c’est développer des solutions qui répondent à tout le monde, sans penser des produits spécifiquement pour des personnes handicapées, non voyantes ou autres. C’est développer une solution qui puisse répondre aux besoins couverts par un fauteuil roulant, mais qui puisse servir aussi à des personnes valides, et qui visuellement ne soit pas connotée « handicap ».

Cette démarche est selon moi primordiale. Elle répond à beaucoup de demandes, qu’elles soient industrielles en terme de coût ou de volume de production,  ou qu’elles émanent d’utilisateurs qui ne veulent plus être marqués visuellement.

Réconcilier les demandes des utilisateurs et les intérêts industriel permet d’ouvrir de nouveaux marchés auxquels on ne pouvait pas penser sans cette conception universelle.