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Notre manière de faire de la recherche, c’est d'aller au fond des choses tout en prenant de la hauteur.
DH Octopod revoit en profondeur la manière de concevoir et de réguler les réseaux de chaleur modernes. Nous avons posé quelques questions à Gaël Berger, acteur clé du projet au sein du Lab Cylergie, au croisement du fournisseur, de l’unité opérationnelle et de R&I.
Les réseaux de chaleur figurent parmi les solutions les plus vertueuses pour fournir chauffage et eau chaude à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. Mais un défi persiste : tous les bâtiments ne nécessitent pas la même température.
Or, dans un réseau classique, la température est uniformisée, ce qui entraîne :
Le Lab Cylergie, un des centres de recherche de R&I, a identifié une solution ambitieuse : isoler une branche du réseau afin d’y distribuer une température plus basse, adaptée aux besoins réels. L’objectif : démontrer qu’une régulation décentralisée peut transformer en profondeur l’exploitation des réseaux.
Depuis plusieurs années, le Groupe et R&I travaillent sur des solutions permettant d’abaisser significativement la température de retour des réseaux.
Cylergie avait établi qu’un levier majeur était situé au niveau des sous stations mais surtout à l’échelle des branches du réseau. La technologie permettant cela a été identifiée chez Grundfos, avec qui ENGIE — et particulièrement ENGIE Solutions — développait un partenariat.
Grâce au soutien d’Alexis Goldberg, sponsor du partenariat, nous avons décidé de lancer un pilote directement sur le réseau Plateau Nord. Ce projet s’inscrit donc dans un continuum de travaux menés depuis longtemps.
DH Octopod pilote la température et le débit d’eau envoyés aux 15 sous stations test grâce à un ensemble cohérent de quatre briques technologiques :
1. Hydraulique
Pompes, vannes, clapet anti-retour et tuyauterie assurent le mélange entre eau chaude et eau tiède afin d’ajuster précisément la température délivrée.
2. Électromécanique
Une pompe équipée d’un moteur à variateur de fréquence (IE5), un régulateur de pression différentiel et un ensemble de capteurs assurent un fonctionnement optimal et flexible de la boucle ainsi créée.
3. Contrôle commande
Un automate dédié pilote le mélange, applique une courbe de chauffe et anticipe les pics de demande pour garantir confort et performance.
4. Communication
Aujourd’hui connectée via carte SIM, la solution basculera bientôt vers une communication Ethernet (TCP/IP) sécurisée, conforme aux standards européens de cybersécurité.
Un réseau de chaleur repose sur trois éléments : production, réseau, sous stations. Les essais menés uniquement au niveau des sous stations permettaient de gagner 1 à 2 °C, ce qui restait insuffisant.
Avec Octopus Grid, l’impact est beaucoup plus fort : 10 à 15 °C gagnés sur une seule installation, en ajoutant de l’intelligence au niveau des branches du réseau.
Les mesures actuelles montrent un gain de 10 à 12 °C, avec un potentiel encore supérieur grâce aux optimisations en cours.
Le projet est actuellement testé sur le réseau de chaleur du Plateau Nord de Lyon, un site stratégique pour ENGIE Solutions.
Ce choix s’est imposé pour plusieurs raisons :
Véritable laboratoire à ciel ouvert, ce site permet d’évaluer DH Octopod dans des conditions représentatives et variées avant un déploiement plus large en France et en Europe.
Ces objets technologiques sont nouveaux, complexes à appréhender. Nous les avons modélisés dans notre logiciel interne pour mieux les analyser.
Je vois ce projet comme un travail de passeur de science : comprendre, analyser, tester, régler… puis démontrer que ça fonctionne. Nous avons étudié la technologie proposée par Grundfoss (iGrid), optimisé son intégration, modifié certains paramètres et mesuré les gains opérationnels dans une démarche de recherche appliquée : comment tirer le meilleur parti d’une innovation, même si elle n’a pas été conçue chez nous.
Notre manière de faire de la recherche, c’est d'aller au fond des choses tout en prenant de la hauteur. Sur ce projet, il a fallu adapter une technologie conçue pour l’Europe du Nord au contexte réglementaire et opérationnel français. Nous jouons un rôle de pont entre conception, travaux et exploitation — trois métiers souvent cloisonnés. Beaucoup d’innovations échouent parce que chacun ne voit que sa partie.
Ici, nous avons accompagné toutes les phases du projet, ce qui a permis d'aboutir en moins de 9 mois, ce qui est un vrai succès.
Pour 2026, nous étudions la manière d’industrialiser la solution.
L’objectif est d’équiper une trentaine de sites d’ici la fin de l’année ou en 2027. Le potentiel de déploiement est donc très important.
DH Octopod s’inscrit pleinement dans la stratégie d’ENGIE : déployer des infrastructures plus intelligentes, plus efficientes et plus durables.