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Pour répondre aux exigences de maintenance, la SHEM a engagé un programme d’essais avec des robots sous-marins puis aériens.
Les conduites forcées sont de longues canalisations métalliques qui transportent l’eau depuis les barrages jusqu’aux centrales. Ces infrastructures essentielles représentent un enjeu majeur de sûreté et de performance pour l’exploitation hydroélectrique.
La SHEM est installée dans les zones montagneuses du sud de la France, où elle exploite 55 km de conduites forcées, dont le diamètre varie entre 600 millimètres et 2 mètres. Le programme de maintenance prévoit une inspection visuelle externe et une inspection interne approfondie pour évaluer déformations, corrosion et épaisseur résiduelle de l’acier.
Historiquement, ces inspections sont réalisées par des techniciens cordistes qui s’introduisent dans les conduites. Cette méthode éprouvée comporte plusieurs limites : milieu confinée, présence d’amiante, températures très élevées à l’intérieur de la conduite en été (jusqu’à 50°C), accès restreints, sections de plusieurs centaines de mètres, forte sinuosité… Autant de contraintes qui rendent certaines zones difficiles, voire impossibles, à inspecter manuellement.
C'est pour répondre à ces défis que la SHEM a engagé un programme d’essais avec des robots sous-marins puis aériens.
En 2023 la SHEM a réalisé un premier test avec un ROV dans une conduite de 800 mm de diamètre, en cherchant à atteindre 400 mètres depuis le point d’insertion.
Le robot était équipé d'une caméra optique et d'une caméra acoustique, mais pas encore d'un capteur à ultrasons pour des mesures d’épaisseur. Les résultats ont été encourageants pour l’inspection visuelle en temps réel, mais plusieurs limites sont apparues :
Au final, le robot n’a pas permis d’atteindre les objectifs attendus.
En 2025, la SHEM a testé un robot aérien conçu par l’entreprise OMS, en partenariat avec Laborelec, un des centres de recherche d’ENGIE R&I.
La conduite sur laquelle s'est déroulé le test, d’un diamètre d’environ 1 mètre, était une conduite rivetée. Le robot était équipé de deux tripodes lui permettant de s’adapter à des diamètres allant de 400 mm à 1,5 m, et embarquait :
Les premiers résultats ont été prometteurs. La vidéo a permis d’identifier clairement certaines déformations du conduit. Le profilomètre laser a mesuré précisément la géométrie locale, notamment les têtes de rivets, et permis d’estimer la profondeur de certaines cavités de corrosion.
Toutefois, pour être pleinement exploitables, ces données doivent désormais être corrélées aux mesures d’épaisseur de l’acier.
La prochaine phase du projet, envisagée pour 2026, consiste à tester une technologie de mesure d’épaisseur sans contact : l’ultrason EMAT (ElectroMagnetic Acoustic Transducer).
Cette méthode génère des ondes ultrasonores via un champ magnétique, sans nécessiter de contact ni de couplant liquide — une innovation particulièrement adaptée aux environnements complexes comme les conduites forcées.
Les essais en laboratoire ont montré des résultats très convaincants. L’objectif est maintenant :
Ce développement sera mené conjointement par Laborelec et OMS, avec l’ambition de créer une solution de référence pour l’inspection automatisée des infrastructures hydroélectriques.
A la SHEM nous aimerions développer des partenariats avec des entités opérationnelles ou de service internes ou des entreprises externes pour développer et commercialiser ce produit.