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CES 2019 : Solar Connected Bike, une solution de co-mobilité pour des transports plus verts

Mobilité durable
18/12/2018

Rêve ou réalité ? Le projet de Vélo Solaire Connecté (Solar Connected Bike) développé par Patrick Noël (Agility Innovator, IT Governance Facilitator & Open Innovation Coach chez Nokia) et Fakroudine Akbaraly (Business Group Partner / Open Innovation Coach chez Nokia) rend réel un véritable rêve : un moyen de co-déplacement 4.0 inclusif, écologique et design qui va sans doute révolutionner les transports en ville. 

Le Solar Connected Bike sera présenté au CES 2019 sur le stand ENGIE & Partners.. Patrick et Fakroudine nous parlent de leur projet.


Le Solar Connected Bike est né du courant d’Open Innovation, valeur clé de Nokia, par le biais du Nokia Garage, dont le premier a été créé sur le campus Nokia à Paris Saclay (B.Marquet). 

C’est dans ce cadre que nous avons voulu lancer un projet innovant qui intègre des valeurs importantes pour nous, écologie et écomobilité, tout en rendant un service à toutes les personnes qui supportent au quotidien des conditions de transport difficiles, en particulier dans les grandes métropoles. 

Sortir du flot de circulation en toute sécurité, proposer un moyen de transport accessible à tous, parier sur la co-mobilité et la connectivité 4.0 sont les points de départ du Solar Connected Bike.

Grâce au soutien du Garage et des Nokia Bell Labs (J.L.Beylat), nous avons pu nous lancer dans cette belle aventure et nous avons présenté notre prototype le 15 novembre pour le « 5G Smart Event », un événement important pour Nokia dont l’objectif était de présenter les évolutions de la 5G àau travers différents cas d’usage. 

 

Votre projet est donc un vélo solaire connecté ? Dîtes-m ’en plus !

En fait ce n’est pas exactement un vélo, c’est un trike, qui dispose de 2 roues à l’avant et d’une roue derrière. Comme son nom l’indique, il intègre l’aspect solaire, l’aspect connecté et l’aspect vélo hybride

Un des axes importants dans le développement de ce projet a été le design. Nous avons travaillé en Open Innovation avec une école de design qui nous a permis de proposer un design disruptif, dans le look et dans l’approche. Nous cherchions l’effet Waouh que l’on retrouve bien dans le prototype. 

En plus de l’impact visuel, le design a une vocation de protection, avec l’idée de se sentir en sécurité dans ce nouveau moyen de transport. Le cockpit protège les passagers et le toit accueille un panneau solaire qui génère de l’énergie tout en protégeant des intempéries. 

Les dimensions du Solar Connected Bike lui permettent d’utiliser les pistes cyclables, ce qui rejoint notre souhait de sortir du flot de la circulation et par un transfert d’usage de réduire aussi l’utilisation des véhicules et des motocyclettes. Avec 80 cm de large il a la largeur d’un vélo et mesure 1,60 m de haut pour 2,60 m de long. 

Il faut noter que c’est un moyen de transport 2 places accessible à tous, une place devant et une derrière, ce qui est fondamental dans notre projet de co-mobilité ! C’est un élément très important, aussi bien dans le business model de sharing, que dans l’approche, puisque nous voulions créer du co-biking. 

 

Les panneaux solaires sont-ils le seul moyen pour le vélo de se recharger ?

Le Solar Connected Bike est d’abord un vélo hybride à assistance électrique ! Nous nous sommes fixés comme règle - pour la France dans un premier temps - de respecter les règles des pistes cyclables. Nous avons donc limité la puissance électrique et la vitesse limite (25 km/h) aux normes du vélo à assistance électrique. 

Notons aussi qu’il n’y a pas besoin de permis spécifique ou de port de casque, puisque grâce à son design, le vélo est suffisamment sécurisé.

Il s’agit d’un véhicule hybride. La première énergie est humaine, puisqu’il faut commencer par exercer une pression sur le pédalier. L’énergie « extérieure » utilisée est verte, puisque c’est le solaire qui alimente le moteur, soit directement soit au travers d’une batterie lithium ion. Nous récupérons aussi l’énergie mécanique, lors des descentes ou du freinage, pour alimenter la batterie, afin d’atteindre une autonomie qui peut aller jusqu’à 120 km, de façon à couvrir les besoins des villes denses, mais aussi du péri-urbain.

A terme, notre but est de développer une road map qui permettrait d’associer les énergies renouvelables en fonction des futures évolutions et en particulier du développement de l’hydrogène

 

Voici donc pour l’aspect solaire. Et pour l’aspect connecté ?

Le SCB est équipé d’applications, qui permettent de monitorer à la fois les trajets, la sécurité et la santé.

L’intelligence que nous avons ajoutée au SCB grâce à l’électronique et à l’informatique vont gérer et optimiser l’usage de l’énergie en fonction des conditions de trafic, de la météo et du trajet. 

Nous avons aussi intégré des applications couvrant des besoins d’usage :  

  • le bien-être, avec l’application Health. Des capteurs restituent en continu des informations comme le rythme cardiaque grâce auxquelles est défini un programme d’assistance électrique en fonction de votre condition physique.  
  • une application de géolocalisation en temps réel permet d’optimiser le trajet en fonction des flux de circulation et synchronisé aussi par des clignotants de direction visuels. Un afficheur de message partagé sur le SCB et sur le réseau social des SCB permet de favoriser le partage du trajet ou de la destination.  
  • lock : un QR code permet de verrouiller / déverrouiller le SCB en le scannant avec son smartphone.  
  • des flux vidéo sont captés par 2 caméras présentes sur le SCB et sont transmis via la 5G à une plateforme qui les analyse et les transforme en données exploitables, permettant ainsi différents cas d’usage, dont une application tourisme & culture qui identifie des lieux touristiques sur le trajet. Imaginons un service de taxi biker équipé de SCB à Paris et aussi dans les 36000 communes de France. La personne assise derrière, qui ne pédale pas, dispose d’une tablette qui lui permet de s’évader, de travailler et aussi de repérer les lieux intéressants aux alentours. Elle peut activer un descriptif du monument, des lieux sur la tablette, voire plus tard un audio guide.
  • black box : les flux vidéo capturés peuvent aussi servir aux assurances, par exemple dans un modèle de primes basées sur la « dangerosité » de sa conduite.  Cette black box peut aussi servir de preuve lors d’un accident. 

 

Que représente pour vous le fait de venir au CES ?

Pour nous c’est un grand honneur d’être invités par ENGIE dont nous partageons les valeurs (Mobilité durable, Energy renouvelable, Smart cities et Hydrogen). 

Avec ENGIE nous aimerions bâtir un écosystème de partenaires voulant créer de la valeur dans l’écomobilité : fournisseurs de services, partenaires technologiques, constructeurs, industriels, pourquoi pas assureurs - banques avec qui construire une solution complète. 

L’Open Innovation est un mot clé important pour Nokia et le CES est une opportunité de mettre en avant cette démarche et de rencontrer des partenaires potentiels avec la présence en un même lieu de tous les grands acteurs et une très grande visibilité. Nokia peut apporter à ses partenaires la révolution de la 5G, la puissance de l’Internet des objets avec des milliards d’objets connectés, et des cas d’usages dont beaucoup sont encore inconnus. Nokia est un des premiers à pouvoir proposer toutes les solutions, que ce soit dans le cloud, l’IT, l’ultra Broadband, l’Intelligence Artificielle ou le big data. 

A notre niveau, nous allons montrer le Solar Connected Bike, proposer des solutions de mobilité et de connectivité à grande valeur ajoutée, et nous en attendons des retours importants. Pour nous il s’agit d’un projet qui permet de conjuguer le bien-être et un vrai business. Le CES, c’est une porte ouverte sur un avenir meilleur. 

 

Quelle serait pour vous la rencontre magique au CES ? 

Ce serait pour nous une grande joie de pouvoir confronter notre innovation à celles des USA et aussi de rencontrer Isabelle Kocher afin de  partager notre aventure et notre passion, d’autant que nous partageons des valeurs très proches avec ENGIE. 

Et bien sûr ENGIE serait un partenaire commercial idéal pour nous. Nous sommes complémentaires : faire parler le monde connecté avec le monde de l’énergie et créer des convergences entre les deux. 

D’ailleurs des projets soutenus par ENGIE comme Solar Impulse ou Energy Observer nous ont beaucoup inspirés au départ de notre projet. Après le Ciel et la Mer, nous nous verrions bien - de façon très humble - représenter la version terrestre d’Energy Observer ! Energy Observer fait le tour du monde et véhicule de beaux messages et des valeurs qui sont les nôtres, et nous pourrions les relayer sur le monde terrestre en montrant qu’il existe un business modèle derrière. 

Alors, à quand le tour du monde en Solar Connected Bike ?

 

Comment imaginez-vous la mobilité en 2030 ? 

C’est un sujet auquel nous réfléchissons beaucoup, puisque nous sommes associés aux Nokia Bell Labs, dont c’est un thème clé en particulier au travers de la plateforme Movin Saclay. 

La mobilité représente un enjeu écologique très important : les villes sont complètement saturées, en 2050 deux humains sur trois habiteront dans des mégalopoles et on prévoit plus de 2 milliards de voitures à l’horizon 2050 selon l’ONU.

C’est un sujet capital, avec une saturation des modes de transport, voiture ou transports en commun au quotidien. Il faut trouver des alternatives, et parmi elles le Solar Connected Bike respecte nos valeurs d’écologie et de partage tout en constituant un moyen sympathique de se déplacer. 

Nous aimerions que soient créées des autoroutes dédiées aux vélos, aux véhicules autonomes et alternatifs comme il en existe déjà en Belgique ou au Danemark. Dédier des infrastructures aux modes de transport d’écomobilité pourrait fluidifier les déplacements, même si on sait qu’il faut plusieurs dizaines d’années pour mettre en place de vrais plans d’urbanisation.

Le Solar Connected Bike a aussi l’avantage de rendre le vélo accessible à tous, puisque dans un contexte d’écomobilité il n’est pas nécessaire de savoir faire du vélo. Les populations âgées, en mauvais santé ou les très jeunes peuvent tout à fait l’utiliser puisqu’ils sont derrière, contribuant ainsi à optimiser l’usage de ce moyen de transport. 

Source : Christine Leroy