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Témoignage 19/03/2021

"Economie, énergie, environnement : le triptyque de la transition énergétique"

Pour le dernier portrait de notre série « Femmes dans la recherche" c ’est Elodie Le Cadre, Conseiller Scientifique Principal, qui s'est prêtée au jeu des questions réponses. 

Aujourd’hui on a plus que jamais besoin de l’innovation et des avancées de la recherche pour faire face au challenge de la transition énergétique

Nos portes sont ouvertes aux hommes comme aux femmes, la technicité de nos métiers est passionnante.

Elodie Le Cadre

En quelques mots, quel est ton parcours professionnel ?

Élodie : Je suis agronome de formation, puis j’ai fait un master puis une thèse en économie de l’énergie, sur le développement de nouveaux carburants pour l’aviation, le bio jet fuel à partir de la conversion de biomasse par gazéification. 
J’ai intégré ENGIE en 2012, à la Division Stratégie dans l’équipe du CĖMĖ (Centre d’Etudes et de Modélisation économique). Je modélisais la demande en énergie pour une trentaine de pays de l’Union européenne et pour l’Amérique du Nord. Ces modélisations servaient à la Direction de la Stratégie pour leurs prévisions financières, leurs prévisions de rentabilité des centrales et des investissements.
J’ai rejoint le CRIGEN en 2015, d’abord au Lab Environnement. J’étais en charge de la partie économique des projets du CRIGEN dont je réalisais les business plans. J’ai ensuite rejoint le laboratoire Biomasse Biogaz, en charge de deux projets particulièrement : le projet MAPPED pour développer les outils de digitalisation des unités de méthanisation et WEBIO qui vise à estimer les gisements de biomasse grâce à des images satellites.
Depuis 2019, je suis Conseiller Scientifique à la Direction de la Recherche, ENGIE Research, en charge des partenariats de recherche et de la veille technologique. 

Agronomie, économie, stratégie… A quel moment as-tu fait le choix de l’énergie ? 

Élodie : J’ai toujours voulu travailler dans le domaine des énergies renouvelables. Depuis l’enfance, ma grande passion ce sont les éoliennes et l’énergie solaire. Mais j’étais aussi très intéressée par les problématiques de l’environnement et la biologie et j’ai naturellement fait de l’agronomie. J’ai travaillé sur la valorisation de la biomasse pour la production d’énergie. La biomasse c’était vraiment le bon domaine pour pouvoir traiter à la fois la partie agronomique et la partie énergétique. 
De fil en aiguilles, j’ai découvert le monde passionnant de l’énergie puis j’ai voulu approfondir les problématiques économiques.. Pour moi, l’économie, l’énergie et l’environnement sont le triptyque que j’ai toujours en tête dans mon travail et qui est nécessaire à la transition énergétique.

Pour toi, être une femme, dans ce secteur très tech, c’est plutôt un atout ou un handicap ?

Élodie : Je ne l’ai jamais vu ni comme un atout, ni comme un handicap. Le secteur de l’énergie est assez ouvert à qui veut se plonger dans ce métier et je n’y ai jamais rencontré de barrières, en tant que femme. 
Chez ENGIE, les projets de R&D sont très ouverts aux hommes comme aux femmes. Peut-être est-ce plus difficile de prendre des positions de leadership sur des projets d’envergure, mais je ne l’ai jamais vécu personnellement parce que je n’ai pas postulé sur ce genre de projets. Finalement, j’ai monté les projets sur lesquels je voulais travailler, avec l’aide d’hommes. Mais cela n’a jamais été un handicap d’être une femme. Je n’ai pas le même ressenti dans le milieu académique où les contraintes personnelles sont peut-être moins comprises.

Comment tu vois le futur de l’énergie dans le monde de demain ?

Élodie : Le futur de l’énergie c’est une énergie décarbonée.  Aujourd’hui, on pense encore en termes de diminution des émissions sans se donner les moyens d’avoir des technologies qui soient neutres, zéro émissions. 
Or, vu le stock de CO2 qui nous reste on est quasiment arrivés à la limite de ce que l’atmosphère peut absorber. La diminution c’est une chose mais si on continue à émettre sans mettre en place de l’absorption cela pose un problème. Le grand bouleversement de nos technologies va nécessiter des prises de décisions fortes, globales, par les différents acteurs du secteur énergétique. J’espère que cela se fera à court terme et non pas à moyen terme. On a une marge de manœuvre assez courte, dix ans, pour prendre des décisions d’investissement. C'est-à-dire, mettre de l’argent sur la table pour construire et arriver à une neutralité carbone à l’horizon 2050.

Dans cette bataille, penses-tu que les femmes ont un rôle spécifique à jouer ?

Élodie : Tout le monde a la capacité d’arriver à ce constat. Certes, l’éducation des femmes, en général, les pousse à plus d’empathie et cette empathie peut être un atout pour comprendre l’urgence et la globalité des actions qui doivent être entreprises. 
Cette empathie facilite peut-être une vision globale et permet des décisions plus rapides en pensant en dehors de la stricte rationalité financière. On l’a vu avec le Covid, quand il s’est agi de sauver des vies, on s’est mis en ordre de bataille. Je pense qu’on est capable de le faire pour le climat, dans un processus plus long, et qui nécessitera des moyens à la hauteur des enjeux.
Peut-être que la volonté de protéger la planète pour nos enfants, pour les futures générations sera un atout. Souvent, la maternité est un talon d’Achille pour l’égalité hommes/femmes. De ce talon d’Achille nous pourrions faire une force pour le climat, pour la neutralité carbone, agir pour que les enfants qui naissent maintenant vivent sur une planète où découvrir le monde sera encore possible, où des hommes ne se retrouvent pas contraints par des sécheresses ou des inondations qui font qu’ils ne peuvent pas aller à l’école, ou qu’ils ne peuvent pas avoir une éducation et une santé correctes.

Est-ce qu’il y a un projet dont tu as envie de parler ?

Élodie : Je vais parler de notre action pour la diffusion de la connaissance des technologies émergentes durables. Cette vulgarisation de nouvelles technologies pourrait avoir un impact sur le secteur de l’énergie, en les mettant à portée de chacun, en interne comme à l’externe.
Avec Jan Mertens, nous sommes fiers du pari que nous avons fait, d’être transparents, de partager l’information sur ces technologies, d’expliquer comment elles fonctionnent, leurs atouts, leurs inconvénients. C’est visiblement un pari intéressant puisque de plus en plus de personnes nous contactent pour travailler avec nous. C’est ma manière à moi de contribuer à faire émerger des solutions vers la neutralité carbone.

Pour terminer, as-tu un message pour les femmes, toutes les femmes, certaines femmes ? 

Élodie : Celui qui me vient à l’esprit est lié aux difficultés de recrutement des femmes dans le domaine de la recherche. Nos portes sont ouvertes aux hommes comme aux femmes, la technicité de nos métiers est passionnante. Une thèse, dans le domaine de la recherche en entreprise, permet de comprendre le domaine de la recherche fondamentale et de l’appliquer dans le domaine industriel. Les technologies émergentes font appel à des domaines très transverses et très pointus.
Le jour où on aura un listing suffisamment important de technologies, on pourra se reposer un peu. Mais aujourd’hui on a plus que jamais besoin de l’innovation et des avancées de la recherche pour faire face au challenge de la transition énergétique. J’invite toutes les jeunes étudiantes à pousser leurs études dans le domaine de la recherche appliquée pour, ensuite, intégrer des sociétés où on a besoin d’elles.

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