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WASE : libérer le potentiel énergétique des déchets
Viva Technology 19/05/2026

WASE : libérer le potentiel énergétique des déchets

La startup britannique WASE développe une technologie de réacteur électrométhanogène capable d’augmenter jusqu’à 30 % la production de biogaz à partir de biomasse dans les unités de méthanisation et à partir de matière organique issue des stations d’épuration.  Soutenue par ENGIE New Ventures depuis mars 2024, elle déploie actuellement un pilote industriel dans le Devon (Royaume-Uni) afin d’accélérer le passage à l’échelle de sa solution. WASE sera présente sur le stand d’ENGIE à VivaTech du 17 au 20 juin. À cette occasion, Thomas Fudge, co-fondateur et CEO de la startup, revient sur son activité et ses ambitions.

Nous aidons les industriels à traiter directement sur site leurs eaux usées, boues et déchets solides, en les convertissant en biogaz.

Thomas Fudge
Co-fondateur et CEO
WASE

Notre solution contribue à la production d’énergies locales, résilientes, et au renforcement de la sécurité énergétique de l’Europe.

Thomas Fudge

Thomas, pouvez-vous vous présenter brièvement votre entreprise ?

La mission de Wase est de libérer le potentiel des déchets et d’en faire le carburant du futur.

Nous aidons les industriels à traiter directement sur site leurs eaux usées, boues et déchets solides, en les convertissant en biogaz. Cela leur permet de décarboner leur consommation d’énergie tout en améliorant la gestion de leurs déchets.

Il existe également une opportunité très prometteuse de déployer cette technologie à grande échelle pour produire du biométhane injectable et du gaz renouvelable. C’est précisément le travail que nous menons aujourd’hui avec ENGIE.

Si vous deviez expliquer votre projet à quelqu’un qui ne connaît pas votre secteur, que diriez-vous ?

Notre procédé s’appelle l’électrométhanogenèse. Concrètement, nous cultivons des bactéries spécifiques sur des électrodes à l’intérieur d’un réacteur. Ces bactéries dégradent la matière organique et génèrent des électrons.

Dans le digesteur, nous produisons des ions hydrogène et du CO₂, que nous pouvons ensuite convertir directement en méthane sur la cathode. Cela permet d’accélérer la dégradation des composés organiques et d’augmenter significativement la production de biogaz.

Le résultat est un système beaucoup plus performant, tant en termes de vitesse de traitement que de production énergétique.

Qu’est-ce qui vous différencie aujourd’hui sur votre marché ?

Nous avons développé un système d’électrodes breveté qui permet cette accélération de la dégradation des composés organiques. Aujourd’hui, nous sommes l’entreprise la plus avancée sur ce type de technologie : nous disposons déjà d’unités commerciales en fonctionnement et avons démontré la performance de notre solution à l’échelle industrielle, ce qui constitue un différenciateur clé.

Par ailleurs, nous avons conçu un système intelligent basé sur l’IA pour automatiser l’exploitation de nos installations. Grâce à des technologies de biosensing et de “soft sensing”, nous sommes capables d’optimiser et de piloter les performances sans nécessiter la présence d’ingénieurs hautement spécialisés sur site. Cela nous permet d’améliorer la fiabilité, d’optimiser les performances et de déployer la solution beaucoup plus efficacement.

Quelle est votre histoire avec ENGIE ?

Nous avons commencé à collaborer avec ENGIE et GRDF il y a quatre ou cinq ans, d’abord via des tests en laboratoire. Ces essais ont permis de valider les bénéfices théoriques de notre technologie et de démontrer des gains de performance par rapport à la méthanisation traditionnelle.

Cette collaboration a conduit à un investissement d’ENGIE New Ventures, et nous évoluons aujourd’hui vers une relation commerciale structurée.

Nous testons actuellement la technologie à grande échelle sur un pilote industriel, sur un site de biométhane d’ENGIE au Royaume-Uni, où nous observons des gains de performance significatifs. La prochaine étape consiste à construire un réacteur de 500 m³ sur ce site, avant un déploiement commercial à grande échelle au Royaume-Uni et en Europe.

Que présenterez-vous sur le stand ENGIE à VivaTech ?

Nous présenterons une vidéo expliquant le fonctionnement de la technologie, ainsi qu’une maquette physique de l’un de nos systèmes. Cela permettra aux visiteurs de comprendre concrètement comment la solution fonctionne et comment elle peut être déployée dans des conditions réelles.

Quel message clé souhaitez-vous que les visiteurs retiennent après vous avoir rencontrés ?

Que nous construisons l’avenir du biométhane et des énergies renouvelables. Notre solution contribue à la production d’énergies locales, résilientes, et au renforcement de la sécurité énergétique de l’Europe.

Il existe un énorme potentiel inexploité dans les déchets, et notre technologie permet justement de le valoriser.

Le thème de VivaTech cette année est “AI: Impact, not illusion”. Comment voyez-vous le rôle de l’IA dans votre solution à l’avenir ?

L’IA va jouer un rôle de plus en plus central dans l’optimisation des installations industrielles. De petites améliorations incrémentales – ce que nous appelons des micro-optimisations – peuvent avoir un impact majeur sur la résilience, la disponibilité et la performance globale.

Notre solution ne se limite pas à un équipement : c’est un ensemble intégrant logiciel et données. L’IA nous permet d’interpréter des données complexes, qui seraient autrement très difficiles à gérer pour des opérateurs, notamment sur des sites ne disposant pas d’équipes scientifiques spécialisées.

Grâce à l’IA, nous pouvons significativement améliorer le rendement énergétique, l’efficacité du traitement et la résilience opérationnelle des installations.

Quel est votre principal défi à court ou moyen terme ?

Nous sommes actuellement en phase de levée de fonds. Une fois cette étape franchie, nous nous concentrerons sur le renforcement de l’équipe et l’accélération du déploiement.

Nous avons déjà des projets en cours aux États-Unis, ainsi qu’un portefeuille solide en Italie et en Espagne. En parallèle, nous poursuivons le passage à l’échelle de la technologie afin de démontrer son potentiel pour la production de biométhane à grande échelle.

Si votre innovation réussit pleinement, comment changera-t-elle le monde dans 5 à 10 ans ?

Notre objectif est de libérer véritablement le potentiel mondial des déchets. Avec ENGIE, nous visons la production de 10 TWh de gaz renouvelable à l’échelle mondiale. Nous souhaitons déployer cette technologie sur plusieurs continents et faire des déchets un pilier majeur de la transition énergétique.


Venez rencontrer WASE sur le stand ENGIE à Viva Technology, du 17 au 20 juin 2026.

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