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Témoignage 22/02/2021

Les femmes apportent une manière de penser différente mais essentielle.

Notre feuilleton "Women in Tech" se poursuit avec Bérengère Genouville, Directrice de programmes de recherche chez Engie Research. Après une carrière dans le secteur des Telecom, Bérengère souhaitait contribuer à un monde plus vert – et s’intéressait en particulier à la « mine d’or » que représentent les déchets. Des Télécoms aux déchets, un parcours professionnel passionnant !

Savoir utiliser notre côté instinctif peut nous aider à prendre de bonnes décisions pour le futur et pour la neutralité carbone.

Ce qui m'intéresse c'est le côté alchimiste dans le fait de transformer les déchets ou des choses qui sont des rebuts en quelque chose qui a de la valeur.

Un rêve qui peut sembler étrange : s’occuper de déchets ! Peux-tu nous en dire plus ? 

Bérengère G. Mon parcours est un peu atypique ! J'ai travaillé 12 ans dans le monde des télécoms, pour les pompiers, la gendarmerie, d'abord dans la partie opérationnelle, le déploiement de réseaux. Mais ce qui m'intéressait, c'était d'inventer les systèmes plutôt que de les déployer. A la naissance de mon fils, il y a 17 ans, j'ai souhaité travailler sur le changement climatique, même si ce mot n‘était pas encore utilisé, à cette époque on parlait de pollution, d’environnement. J’ai franchi le pas 6 ans plus tard, quand j’ai intégré la Lyonnaise des Eaux, une reconversion pas évidente en venant d’un secteur high-tech en pleine bulle des télécoms, avec une carrière toute tracée et un salaire confortable. 
Chez Lyonnaise des Eaux, puis chez Suez, j’ai travaillé sur les compteurs communicants, et sur le projet Gazpar (compteurs de gaz communicants) pour GRDF. Je suis arrivée au ENGIE Lab CRIGEN, responsable d'un lab « smart », des projets qui combinaient électronique, capteurs, objets connectés, intelligence, et traitement de données. J’ai ensuite créé une start-up interne, Ôgénie, sur l'accompagnement à domicile des personnes âgées grâce au numérique, avec Stéphanie Merger d’INEO.
Je suis revenue à la recherche grâce à mon chef actuel, Luc Goossens, dans une équipe extraordinaire, où j’ai l’impression de préparer le futur, d’avoir le potentiel de faire vraiment avancer les choses. Je guide les axes de recherche sur les nouvelles technologies transverses comme l’intelligence artificielle, drones et robots, objets connectés, cybersécurité… J'ai aussi dans mon périmètre les études environnementales, les analyses de cycle de vie, les sujets en lien biodiversité, et tout ce qui est lié à l'acceptation sociale des nouvelles technologies. Cette année, je suis retournée à mes premières amours, je m’occupe du Lab biomasse, biogaz et déchet. J’ai mis du temps, mais j’y suis arrivée, je fais du déchet !

Pourquoi avoir choisi le secteur de l’énergie ? 

Bérengère G.  Tout m'intéressait dans le secteur de l'énergie. Mais ce qui m'intéressait le plus, c'était le côté alchimiste dans le fait de transformer les déchets ou des choses qui sont des rebuts en quelque chose qui a de la valeur. 

Tu as toujours évolué dans des secteurs très tech. Est-ce que pour toi, être une femme dans ce secteur, c'est plutôt un atout ou un handicap ?

Bérengère G. J'ai souvent réfléchi à cette question. Et plus le temps passe, plus il y a de femmes qui travaillent avec moi ! Dans le secteur des télécommunications militaires, j'étais la seule femme.  On allait sur le terrain, on montait aux pylônes. Est-ce qu’à l'époque, c'était un problème ? Ça a pu l'être, mais vraiment ponctuellement, par exemple, sur des missions dans certains pays du Moyen-Orient. 
Mais j'ai toujours eu la chance de travailler avec des managers qui m'ont laissé faire mes choix. Ils ne se sont pas dit : c'est une femme, elle ne va pas le faire. Ils m'ont demandé : est-ce que tu veux le faire ? Et j'ai dit : oui, je le fais ! Ou pas…
Ce qui est compliqué, c'est répartition des tâches domestiques surtout quand on a des enfants, car elle n’est toujours pas égale entre les hommes et les femmes.! Ca génère un surcroît de travail, un surcroît de fatigue et une grosse charge mentale

Comment vois-tu le futur de l'énergie et le monde de demain ? 

Bérengère G.  Le futur de l'énergie, c'est un peu plus simple pour moi car c’est mon métier. Pour le monde de demain, je peux parler de mes rêves, mais est-ce qu'il sera vraiment comme ça ?
Ce dont je rêve pour le futur c'est que la pandémie nous ait permis de savoir vraiment ce que nous voulons. Nous avons été - nous sommes toujours - coupés de choses essentielles, et pour moi, ce sont les relations humaines. C’est un de mes piliers : bâtir des relations vraies avec mes collègues, avec mes amis et avec les gens en général. L'autre pilier, c’est respecter la nature et  les animaux, quelque chose de capital pour moi. 
Dans ce contexte compliqué qui remet en cause toutes nos certitudes, je me rends compte aussi à quel point il est important de travailler sur quelque chose qui fait sens, cela me porte de travailler sur le futur de l'énergie, sur la biodiversité…


Est-ce que, pour toi, les femmes ont un rôle spécifique, en tant que femmes, à jouer pour parvenir à la neutralité carbone ?

Bérengère G. Je ne sais pas si c'est politiquement correct de dire ça, mais je pense que les femmes ont une sensibilité particulière, à la nature, à ce qui nous entoure. Nous sommes plus connectées, peut-être plus instinctives. Savoir utiliser ce côté instinctif peut nous aider à prendre de bonnes décisions pour le futur et pour la neutralité carbone. 
Je pense aussi que nous sommes plus dans l'écoute, le lien. Et ça nous permet de mettre en avant d’autres points de vue que les seuls ROC et  EBITDA. Aujourd’hui, les femmes peuvent apporter une manière de penser différente, « out of the box ».

Un projet qui t’a marquée, dont tu es particulièrement fière ?

Bérengère G. Même si je ne suis pas à l’origine de ce projet, qui a dix ans, je suis fière de travailler sur le projet Gaya, sur la valorisation des déchets, ce qu'on appelle les CSR, les combustibles solides de récupération, qu'on gazéifie et qu’on transforme en biométhane. Je m'occupe de l'industrialisation avec l’ambition de passer de 0,5 MW à 20 MW. Il y a d’énormes challenges en termes de business, de risques, de partage de la valeur. C'est mon challenge numéro un pour l'année. Et je suis très fière aussi de toutes les femmes qui travaillent et qui ont travaillé sur ce projet, notamment Alessandra Barba.

Un message pour les femmes, en général ou en particulier ?

Bérengère G. Un collègue qui va partir à la retraite m'a dit quelque chose que j'ai envie de transmettre : « Sois toi-même, garde et utilise tes capacités relationnelles, ton enthousiasme, le fait que tu mettes du cœur, que tu aimes ce que tu fais et que tu crées du lien, même si pour toi ce ne sont pas des compétences professionnelles. »
Et j’ai envie de partager ce message, de dire aux femmes : ne soyez ce que vous pensez devoir être, soyez vous-mêmes ! Utilisez toutes vos capacités, même celles dont vous pensez qu’elles ne sont pas importantes pour le business. 

Dessin : Marie Désert ©ADAGAP, Paris 2021

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