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Témoignage 04/03/2021

Une équipe est performante lorsqu’elle est diverse.

Adeline Duterque est Directrice du ENGIE Lab Crigen. Bien qu’elle ne soit pas issue d’une formation scientifique, elle a été la première femme à diriger un Centre de Recherche chez ENGIE. Rencontre avec une passionnée !

Lorsque l’on fait de la stratégie et plus encore de la recherche, on a l’impression d’être à la manœuvre, d’être un acteur de ce bouleversement.

L’immense majorité des populations dans le monde a intégré la transition énergétique comme une nécessité, en particulier les plus jeunes.

Adeline Duterque

Bonjour, quelques mots sur votre parcours ? 

Adeline D. J’ai fait tout mon parcours dans l’énergie, dans des entreprises du Groupe Gaz de France - devenu ENGIE : management, stratégie, ou commercial Je suis dans le domaine de la Recherche depuis deux ans.

Pourquoi avoir choisi le secteur de l’énergie ?

Adeline D.  Je ne sais pas pourquoi je l’ai choisi mais je sais pourquoi j’y suis restée ! C’est une époque passionnante pour le monde de l’énergie. Les ruptures que nous connaissons depuis dix ans sont considérables et très porteuses de sens tant pour moi que pour les équipes.
Nos métiers sont passionnants. Pendant 30 ans, les prévisions énergétiques étaient très linéaires, le mix énergétique évoluait avec une lenteur désespérante. D’un seul coup, toutes les prévisions de l’AIE ont été révisées de manière drastique et brutale. Lorsque l’on fait de la stratégie et plus encore de la recherche, on a l’impression d’être à la manœuvre, d’être un acteur de ce bouleversement.

Êtes-vous passée à la Recherche justement parce que vous aviez cette envie d’être à la manœuvre ?

Adeline D. Oui, je crois que c’est même la première fois que je m’accomplis autant dans un poste. Même si, sur le papier, je n’ai pas toutes les caractéristiques d’une Directrice de la Recherche, c’est quelque chose que j’ai vraiment souhaité faire. Je suis la première femme Directrice de la Recherche d’ENGIE et, en plus, je crois que je suis aussi la première non-ingénieure : c’est dire si les managers qui m’ont choisie aiment prendre des risques !
À la prospective, je voyais bien que les ruptures étaient technologiques et que, pour qu’ENGIE puisse vraiment incarner son ambition d’être le leader de la transition énergétique, cela se jouait beaucoup à la Recherche.
C’est un bonheur de manager une telle entité. Je travaille avec des gens passionnants et passionnés par ce qu’ils font, qui m’apprennent de nouvelles choses chaque jour. La plupart d’entre eux sont mus par la volonté d’accompagner la transition énergétique. En fait, dans mon équipe, les gens ont même l’impression que cela ne va pas assez vite !

D’après vous, dans ce milieu qui est considéré comme plutôt masculin, est-ce un atout ou un handicap d’être une femme ?

Adeline D.  Même si j’ai été la première femme à diriger un centre de recherche, je ne le suis pas resté longtemps. Aujourd’hui, deux des trois plus gros centres de recherche du Groupe ENGIE sont dirigés par des femmes.
Malgré tout, le monde de la recherche reste assez peu féminisé. Le pourcentage de femmes parmi les chercheurs en Europe est faible, inférieur à 30 %. Au CRIGEN, nous avons 37 % de femmes. Nous nous donnons pour objectif d’être plutôt autour de 40 % de recrutement de femmes pour continuer à progresser mais nous n’y arrivons pas. Nous voudrions être à 50/50 mais souvent les seules candidatures sont masculines et c’est vraiment un problème.
Être une femme est-ce un atout ou un handicap dans ce secteur ? Ni l’un ni l’autre, à mon avis. Il faut de tout pour faire un monde.

Comment voyez-vous le futur de l’énergie et le monde de demain ? 

Adeline D. Tout dépend si l’on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein. Pour moi la transition énergétique est inéluctable et, à part quelques soubresauts conjoncturels, l’immense majorité des populations dans le monde l’a intégrée comme une nécessité, en particulier les plus jeunes.
Toutefois, je ne pense pas que nous parviendrons à l’objectif que nous nous sommes donnés de limiter le réchauffement à 1,5°. Nous avons pris trop de retard. Pourtant, les solutions techniques existent ou sont identifiées. En recherche, nous avons un indicateur nommé TRL, technology readiness level. Même si certaines technologies indispensables à la transition énergétique sont à TRL encore bas, elles sont toutes identifiées et nous savons ce qu’il faudrait faire pour les développer. 
Ce n’est donc pas un sujet de recherche fondamentale mais de recherche et développement, et donc aussi d’économicité. Lorsque le prix des énergies est bas, il est encore moins rentable de faire les investissements nécessaires à la transition énergétique. 
Concernant le monde de demain, la crise du Covid a été un amplificateur des tendances déjà à l’oeuvre, et sur lesquels les équipes d’ENGIE Lab CRIGEN sont bien positionnées depuis plusieurs années : le développement de ressources énergétiques locales, dans une logique de décentralisation et d’économie circulaire, mais aussi tout ce qui nous permet d’opérer les actifs à distance : intelligence artificielle, drones, digitalisation, capteurs, connectivité, robots… Tous ces sujets vont voir leur développement accéléré dans le monde de demain.

Pour vous, les femmes ont-elles un rôle spécifique à jouer dans cette course à la neutralité carbone ?

Adeline D.  Non, je ne pense pas que les femmes aient un rôle spécifique par rapport aux hommes pour arriver à la neutralité carbone. Arriver à la neutralité carbone, comme pour tout objectif ambitieux, est un travail collectif, qui suppose des équipes performantes ; or, une équipe est performante lorsqu’elle est diverse. 

Y a-t-il un projet dont vous avez envie de parler ?

Adeline D.  Il y en a plusieurs mais l’actualité du moment, c’est le projet Gaya. Il vise à développer une technologie ENGIE pour pyrogazéifier de la biomasse ou des déchets et produire du gaz renouvelable. Cette plateforme a été lancée voici une dizaine d’années, par nos prédécesseurs visionnaires. A l’époque, nous avions l’impression que le gaz naturel avait l’éternité devant lui. Nous savons aujourd’hui que nous aurons absolument besoin de cette technologie pour qu’ENGIE puisse atteindre son objectif de 100 % de gaz vert dans les réseaux
Nous avons franchi coup sur coup deux étapes déterminantes. Fin 2019, nous avons produit notre premier gaz vert à partir de biomasse et, fin 2020, nous avons produit notre premier gaz vert à partir de déchets. Cette production à partir de déchets est, de plus, une première mondiale.
Maintenant que nous avons prouvé que cela fonctionne, l’enjeu est que le Groupe se l’approprie. Nous avons une très belle infrastructure de recherche, semi-industrielle près de Lyon. Il faut désormais que toutes les entités d’ENGIE travaillant sur des projets de pyrogazéification ou de méthanation s’approprient cette technologie  pour que nous puissions passer en phase industrielle.
C’est une première mondiale, c’est du ENGIE inside, cela marche et cela coche toutes les cases de la transition énergétique. Il ne reste plus qu’à y aller.

Un message pour les femmes ?

Adeline D.  N’hésitez pas à venir faire de la recherche ! Vous y trouverez des gens supers, des équipes passionnées par ce qu’elles font. Ces métiers sont passionnants et ouverts à beaucoup de profils différents.

Dessin : Marie Désert ©ADAGAP, Paris 2021



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